Monthly Archive for May, 2006

Vingt ans après: Entre Ekaterinbourg et Novossibirsk

Je suis en plein cœur de la Sibérie. Parfois je me suis interrogé pour la millième fois à propos de ces 90 jours de pèlerinage qui commémorent les 20 ans de mon pèlerinage à Saint-Jacques. Quand j’étais à Sofia, j’ai pensé à renoncer à ce voyage, mais maintenant je suis content d’avoir continué ; malgré le fait que je n’arrive pas à écrire dans le train à cause des secousses constantes du wagon au moins je peux prendre des notes puis les mettre dans mon ordinateur quand j’arrive dans une ville avec connexion internet. Comme ça, les personnes qui suivent ce blog, peuvent mieux comprendre mon état d’esprit.

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Une des personnes dans le train me montre une prière qu’elle dit avoir été trouvée parmi les affaires d’un Juif qui fut exécuté dans un camp de concentration :

« Seigneur : quand Vous viendrez dans Votre gloire, ne vous souvenez pas seulement des hommes de bonne volonté mais aussi de ceux de mauvaise volonté.

Et, lors du jour du Jugement Dernier, ne vous souvenez pas seulement des cruautés, des sévices et des violences pratiquées : souvenez-vous aussi des fruits que nous avons produits à cause de ce qui nous a été fait. Souvenez-vous de la patience, du courage, de la solidarité, de l’humilité, de la grandeur d’esprit et de la fidélité que nos bourreaux ont fini par réveiller dans nos âmes.

Permettez ainsi, Seigneur, que les fruits que nous avons produits puissent servir à sauver les âmes des hommes de mauvaise volonté. »

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J’ai besoin de vivre toutes les grâces que Dieu m’a données aujourd’hui. La grâce ne peut pas être économisée. Il n’existe pas de banque où nous pouvons déposer les grâces que nous recevons pour les utiliser après selon notre volonté. Si nous ne profitons pas de nos bénédictions, nous les perdrons irrémédiablement.

Dieu sait que nous sommes des artistes de la vie. Un jour il nous donne le burin pour qu’on fasse des sculptures, le lendemain les pinceaux et la toile, puis après une plume pour qu’on puisse écrire. Mais jamais nous n’arriverons à utiliser le burin sur une toile ou des plumes sur les sculptures. A chaque jour son miracle. J’ai besoin d’accepter les bénédictions d’aujourd’hui pour créer ce que j’ai, si je fais cela avec détachement et sans culpabilité, demain je recevrai plus.

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La vie est comme une longue course de bicyclettes – l’objectif étant d’accomplir la légende personnelle.

Lors du départ, nous sommes tous ensembles – partageant la camaraderie et l’enthousiasme. Mais, au fur et à mesure que la course progresse, la joie initiale fait place aux vrais défis : la fatigue, la monotonie, les doutes sur sa propre capacité.

Nous remarquons que certains de nos amis ont renoncé face au défi – ils pédalent toujours mais simplement parce qu’ils ne peuvent pas s’arrêter au milieu du chemin, ils sont nombreux, ils pédalent à côté de la voiture d’appui, ils parlent entre eux et accomplissent une obligation.

Nous finissons par les distancer ; puis, nous sommes obligés de faire face à la solitude, aux surprises que recèlent les virages inconnus, aux problèmes de notre bicyclette. Puis, au bout d’un certain moment, nous commençons à nous demander si un tel effort vaut la peine.

Oui, il vaut la peine. Il faut simplement ne pas renoncer. Après tout, si nous arrêtons de pédaler, nous finirons par tomber.

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De toutes les puissantes armes de destruction que l’homme a été capable d’inventer, la plus terrible – et la plus lâche – est la parole.

Les dagues et les armes de feu laissent des traces sanglantes. Les bombes détruisent des immeubles et des rues. Les poisons finissent toujours pas être détectés.

Mais la parole destructrice arrive à éveiller le Mal sans laisser de traces. Les enfants sont conditionnés pendant des années par leurs parents, les artistes sont critiqués impitoyablement, les femmes sont systématiquement massacrées par les commentaires de leurs maris, les fidèles sont maintenus à distance de la religion par ceux qui se jugent capables d’interpréter la voix de Dieu.

Essayez de voir si vous utilisez cette arme. Essayez de voir si quelqu’un utilise cette arme sur vous. Et ne permettez aucune de ces deux choses.

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Dans un de ses rares écrits, le sage sufi Hafik commente l’idée de Voyage :

« Acceptez avec sagesse le fait que le Chemin est plein de contradictions. Plusieurs fois le Chemin se nie lui-même, incitant ainsi le voyageur à découvrir ce qui existe au-delà du prochain virage.

Si deux compagnons de route suivent la même méthode, cela veut dire que l’un d’eux fait fausse route. Parce qu’il n’y a pas de formules pour atteindre la vérité du Chemin et chacun a besoin de prendre des risques pour ses propres pas. Seuls les ignorants cherchent à imiter le comportement des autres. Les hommes intelligents ne perdent pas leur temps avec cela, et développent leurs capacités personnelles. Ils savent qu’il n’existe pas deux feuilles pareilles dans une forêt de cent mille arbres. Ils savent qu’il n’existe pas deux voyages identiques dans le même Chemin. »

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Des proverbes de Sibérie (mais que je crois être universels)

Si vous ne pouvez pas être une étoile au firmament, soyez une lampe chez vous.

Après la mort, le sage reste vivant malgré son corps réduit en cendres. Mais l’ignorant, même vivant, est déjà mort.

L’amour est une maladie de laquelle personne ne veut se guérir. Celui qui a été attaqué par elle n’essaye pas de se rétablir, et celui qui en souffre ne désire pas être guéri.

Quand vous voyez deux dragons s’affrontant, restez distant et n’essayez pas de les pacifier ; ils peuvent se faire une trêve pour vous attaquer.

Le prochain texte sera mis en ligne le 1 Juin 2006

P.S: Cher lecteur,

Pendant ce cheminement, qui remplit mon âme d’expériences très intéressantes, un des moments les plus magiques c’est lorsque, le soir venu, je lis les commentaires sur le blog. Même si je ne peux pas vous répondre à tous, je veux que vous sachiez qu’il est très important pour moi de savoir que je ne suis pas seul sur ce chemin. Merci beaucoup de votre soutien et pour les mots et les idées qui maintenant sont inscrites dans mon coeur.

Paulo Coelho

Veinte años después: Entre Ekaterinburg y Novosibirsk

Estoy en pleno corazón de Siberia. En algunos momentos me pregunté por milésima vez sobre estos 90 días de peregrinaje para conmemorar los 20 años de mi peregrinación al Camino de Santiago. Cuando estaba en Sofía pensé en desistir y ahora estoy contento de haber seguido adelante, aunque no consiga escribir en el tren por causa del continuo balanceo del vagón, puedo por lo menos anotar algunas cosas y colocarlas en la computadora cuando llegue a la primera ciudad con conexión a internet. Así las personas que estén siguiendo este blog, tendrán como entender mejor mi estado de espíritu.

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Una de las personas en el tren me muestra una oración que, según ella, fue encontrada entre los objetos personales de un judío, muerto en un campo de concentración:

“Señor : cuando vengas en Tu gloria, no Te acuerdes apenas de los hombres de buena voluntad; recuerda también a los hombres de mala voluntad.

“Y, en el día del Juicio, no Te acuerdes apenas de las crueldades, sevicias y violencias que ellos practicaron; recuerda también los frutos que producimos por causa de lo que ellos nos hicieron. Recuerda la paciencia, el coraje, la confraternidad, la humildad, la grandeza de alma y la fidelidad que nuestros verdugos terminaron por despertar en nuestras almas.

“Permite entonces Señor, que nuestros frutos puedan servir para salvar las almas de los hombres de mala voluntad”.

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Preciso vivir todas las gracias que Dios me dio hoy. La gracia no puede ser economizada. No existe un banco donde depositamos las gracias recibidas para utilizarlas de acuerdo con nuestra voluntad. Si no me beneficio de ellas ahora, las perderé irremediablemente.

Dios sabe que somos artistas de la vida. Un día nos da un formón para esculturas, otro día pinceles y tela, otro día nos da una pluma para escribir . Pero jamás conseguiremos usar formón en telas, o plumas en esculturas. A cada día su milagro. Necesito aceptar las bendiciones de hoy para crear lo que tengo, si hago eso con desapego y sin culpa, mañana recibiré más.

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La vida es como una gran carrera en bicicleta – cuya meta es cumplir la Leyenda Personal.

A la larga estamos juntos – compartiendo camaradería y entusiasmo. Pero a medida que la carrera avance, la alegría del comienzo da lugar a los verdaderos desafíos: el cansancio, la monotonía, las dudas sobre la propia capacidad.

Reparamos en que algunos amigos desistieron del desafío – todavía están corriendo, pero sólo porque no pueden parar en medio de la carretera; ellos son numerosos, pedalean al lado del coche de apoyo, conversan entre sí, cumplen con una obligación.

Terminamos por distanciarnos de ellos y entonces nos vemos obligados a enfrentarnos a la soledad, las sorpresas con las curvas desconocidas, los problemas con la bicicleta y, al cabo de algún tiempo, nos empezamos a preguntar si valdrá la pena tanto esfuerzo.

Sí, vale la pena, es solamente no desistir.

Además, porque si paramos de pedalar, terminaremos cayendo.

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De todas las poderosas armas de destrucción que el hombre ha sido capaz de inventar, la más terrible – y la más cobarde – es la palabra.

Puñales y armas de fuego dejan vestigios de sangre. Bombas estremecen edificios y calles. Venenos acaban siendo detectados.

Pero la palabra destructiva consigue despertar el Mal sin dejar pistas. Los niños son condicionados durante años por los padres, artistas son criticados sin piedad, mujeres son sistemáticamente masacradas por los comentarios de sus maridos, fieles son mantenidos lejos de la religión por aquellos que se juzgan capaces de interpretar la voz de Dios.

Trata de ver si estás utilizando esta arma. Ve si están utilizando esta arma contigo y no permitas ni lo uno ni lo otro.

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En uno de sus raros escritos, el sabio sufí Hafik comenta la idea del Viaje:

“Acepta con sabiduría el hecho de que el Camino está lleno de contradicciones. El Camino muchas veces se niega a sí mismo, para estimular al viajero a descubrir lo que existe más allá de la próxima curva.

” Si dos compañeros de jornada están siguiendo el mismo método, esto significa que uno de ellos está en la pista falsa. Porque no hay fórmulas para alcanzar la verdad del Camino y cada uno necesita correr los riesgos de sus propios pasos.

“Sólo los ignorantes tratan de imitar el comportamiento de los otros. Los hombres inteligentes no pierden su tiempo con esto y desarrollan sus habilidades personales; saben que no existen dos hojas iguales en un bosque de cien mil árboles. No existen dos viajes iguales en el mismo Camino.”

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Proverbios de Siberia (pero que – yo creo – son universales)

Si no puedes ser una estrella en el cielo, sé una lámpara en tu casa.

Después de la muerte el sabio continúa vivo aunque su cuerpo haya sido reducido a cenizas. Pero el ignorante, aun vivo, ya está muerto.

El amor es una enfermedad de la cual nadie quiere librarse. Quien fue atacado por ella no busca restablecerse y quien sufre no desea ser curado.

Cuando veas dos dragones peleando, quédate lejos y no busques pacificarlos; ellos pueden hacer las paces y terminar atacándote.

Traducción: María Angélica La Valle de Uranga

Próximo texto: 01.06.06.

P.S: Caro lector,

En este camino que me está llenando el espíritu con experiencias interesantísimas, uno de los momentos más mágicos es cuando, durante la noche, puedo leer sus cometarios en el blog. Mismo que no pueda responder a todos, quiero que sepan que es muy importante para mi saber que no estoy solo en este camino. Muchas gracias por su soporte y por las palabras e ideas que seguirán grabadas en mí corazón.

Paulo Coelho

Vinte anos depois: Entre Ekaterinburg e Novosibirsk

Estou em pleno coração da Sibéria. Em alguns momentos, perguntei a mim mesmo pela milésima vez sobre estes 90 dias de peregrinação para comemorar os 20 anos de minha peregrinação ao Caminho de Santiago. Quando estava em Sofia, pensei em desistir, e agora estou contente porque segui adiante; embora não consiga escrever no trem por causa do constante balanço do vagão, posso pelo menos anotar algumas coisas, e colocar no computador quando chegar em alguma cidade com conexão pela internet. Assim, as pessoas que estiverem acompanhando este blog, terão como entender melhor meu estado de espírito.

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Uma das pessoas no trem me mostra uma oração que, segundo ela, foi encontrada entre os pertences pessoais de um judeu, morto num campo de concentração:

“Senhor: quando vieres na Tua glória, não te lembres apenas dos homens de boa vontade; lembra-Te também dos homens de má vontade.

E, no dia do Julgamento, não Te lembres apenas das crueldades, sevícias, e violências que eles praticaram: lembra-Te também dos frutos que produzimos por causa do que eles nos fizeram. Lembra-Te da paciência, da coragem, da confraternização, da humildade, da grandeza de alma e da fidelidade, que nossos carrascos terminaram por despertar em nossas almas.

Permite então, Senhor, que os frutos por nós produzidos possam servir para salvar as almas dos homens de má vontade.”

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Preciso viver todas as graças que Deus me deu hoje. A graça não pode ser economizada. Não existe um banco onde depositamos as graças recebidas, para utilizá-las de acordo com nossa vontade. Se eu não usufruir destas bênçãos, vou perdê-las irremediavelmente.

Deus sabe que somos artistas da vida. Um dia nos dá formão para esculturas, outro dia pincéis e tela, outro dia nos dá uma pena para escrever. Mas jamais conseguiremos usar formão em telas, ou penas em esculturas. A cada dia, o seu milagre. Preciso aceitar as bênçãos de hoje, para criar o que tenho; se fizer isso com desapego e sem culpa, amanhã receberei mais.

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A vida é como uma grande corrida de bicicleta – cuja meta é cumprir a lenda Pessoal. Na largada, estamos juntos – compartilhando camaradagem e entusiasmo. Mas, à medida que a corrida se desenvolve, a alegria inicial cede lugar aos verdadeiros desafios: o cansaço, a monotonia, as dúvidas sobre a própria capacidade.

Reparamos que alguns amigos desistiram do desafio – ainda estão correndo, mas apenas por que não podem parar no meio de uma estrada; eles são numerosos, pedalam ao lado do carro de apoio, conversam entre si, e cumprem uma obrigação.

Terminamos por nos distanciar deles; e então somos obrigados a enfrentar a solidão, as surpresas com as curvas desconhecidas, os problemas com a bicicleta. E, ao cabo de algum tempo, começamos a nos perguntar se vale a pena tanto esforço.

Sim, vale a pena. É só não desistir.

Além do mais, porque se pararmos de pedalar, terminamos caindo

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De todas as poderosas armas de destruição que o homem foi capaz de inventar, a mais terrível – e a mais covarde – é a palavra.

Punhais e armas de fogo deixam vestígios de sangue. Bombas abalam edifícios e ruas. Venenos terminam sendo detectados.

Mas a palavra destruidora consegue despertar o Mal sem deixar pistas. Crianças são condicionadas durante anos pelos pais, artistas são impiedosamente criticados, mulheres são sistematicamente massacradas por comentários de seus maridos, fiéis são mantidos longe da religião por aqueles que se julgam capazes de interpretar a voz de Deus.

Procure ver se você está utilizando esta arma. Procure ver se estão utilizando esta arma em você. E não permita nenhuma destas duas coisas.

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Em um dos seus raros escritos, o sábio sufi Hafik comenta a idéia da Viagem:

“Aceite com sabedoria o fato de que o Caminho está cheio de contradições. O Caminho muitas vezes nega-se a si mesmo, para estimular o viajante a descobrir o que existe além da próxima curva.

” Se dois companheiros de jornada estão seguindo o mesmo método, isto significa que um deles está na pista falsa. Porque não há fórmulas para se atingir a verdade do Caminho, e cada um precisa correr os riscos de seus próprios passos. Só os ignorantes procuram imitar o comportamento dos outros. Os homens inteligentes não perdem seu tempo com isto, e desenvolvem suas habilidades pessoais; sabem que não existem duas folhas iguais numa floresta de cem mil árvores. Não existem duas viagens iguais no mesmo Caminho”

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Provérbios da Sibéria (mas que eu acredito serem universais)

Se não puderes ser uma estrela no céu, seja uma lâmpada em sua casa

Depois da morte, o sábio continua vivo, embora seu corpo esteja reduzido a cinzas. Mas o ignorante, mesmo vivo, já está morto.

O amor é uma doença da qual ninguém quer livrar-se. Quem foi atacado por ela não procura restabelecer-se, e quem sofre não deseja ser curado.

Quando vires dois dragões brigando, fica distante e não procure pacificá-los; eles podem fazer as pazes e terminar lhe atacando.

Próximo texto: 01.06.06

P.S: Estimado leitor,

Durante esta caminhada, que está enchendo minha alma de experiências interessantíssimas, um dos momentos mais mágicos é quando chega a noite e posso ler os comentários no blog. Embora não tenha como responder a todos, saibam que é muitíssimo importante para mim entender que não estou só neste caminho. Muito obrigado pelo apoio e pelas palavras e idéias que estão sendo gravadas em meu coração.

Paulo Coelho

Twenty years later: Between Ekaterinburg and Novosibirsk

I am right in the heart of Siberia. At certain moments I have wondered for the thousandth time about these 90 days of pilgrimage to commemorate the 20th anniversary of the first time I followed the Way to Santiago. When I was in Sofia I thought of giving up, and now I am happy that I kept on, although I cannot manage to write on the train because of the constant shaking of the carriage, but at least I can scribble down some notes and transcribe them on the computer when I arrive at some city that is connected to the Internet. In this way the people who are accompanying this blog will be able to understand my state of mind better.

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One of the people on the train shows me a prayer that she claims was found among the belongings of a Jew who died in a concentration camp:

“Lord: when You come in Your glory, do not remember just the men of good will; remember also the men of bad will.

“And on Doomsday, do not only remember the cruelty, torture and violence that they practiced: remember too the fruits that we produced due to what they did to us. Remember the patience, courage, solidarity, humility, grandeur of spirit and fidelity that our torturers ended up arousing in our souls.

“Lord, grant that the fruits we produce can serve to save the souls of men of bad will.”

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I have to live all the graces that God has given me today. Grace is not for saving up. There is no bank where we deposit the graces received so that later we can use them as we wish. If I do not enjoy these blessings, I shall lose them for ever.

God knows that we are life’s artists. One day he gives us a chisel to make sculptures, the next day brushes and a canvas, and then a pen for writing. But we will never be able to use a chisel on a canvas, or a pen on a sculpture. Each day has its own miracle. I must accept today’s blessings in order to create what I have; if I do this with a sense of detachment and without feeling guilty, tomorrow I shall receive more.

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Life is like a long bicycle race meant to carry out our personal legend. At the start we are all together, sharing camaraderie and enthusiasm. But as the race develops, the initial joy gives way to the real challenges: fatigue, monotony, and doubts as to one’s own ability.

We notice that some friends have given up the challenge – they are still racing, but just because they cannot stop in the middle of the road; there are many of them, riding alongside the support car, chatting with one another, fulfilling an obligation.

We end up separating from them, and then we are obliged to face loneliness, surprises at the unknown bends, problems with the bicycle. And at the end of some time we begin to wonder whether it is all worth so much effort.

Yes, it is worth it. The thing is not to give up.

Aside from everything else, if we stop pedaling, we end up falling to the ground.

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Of all the powerful arms of destruction that man has been capable of inventing, the most terrible – and most cowardly – are words.

Knives and fire-arms leave marks of blood. Bombs destroy buildings and streets. Poisons are eventually detected.

But destructive words manage to arouse evil without leaving any tracks. Children are conditioned by their parents for years, artists mercilessly criticized, women systematically massacred by their husbands’ remarks, the faithful kept far from religion by those who claim they are capable of interpreting God’s voice.

Try to see if you are using this arm. Try to see if they are using this arm against you. And allow neither of these two things.

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In one of his rare writings, the wise Sufi Hafik comments on the idea of the Journey:

“Accept wisely the fact that the Road is filled with contradictions. The Road often denies itself so as to stimulate the traveler to find out what lies beyond the next bend.

“If two traveling companions are following the same method, that means that one of them is on the wrong path. Because there are no formulas to attain the truth of the Road, and each of us must run the risks of his own steps. “Only the ignorant seek to imitate the behavior of others. Intelligent men waste no time with that, they develop their personal abilities; they know there are no two leaves alike in a forest of a hundred thousand trees. No two journeys on the same Road are alike”.

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Siberian proverbs (that I believe are universal):

If you cannot be a star in the sky, be a bulb in your home.

After death the wise man stays alive, although his body is reduced to ashes. But the ignorant man, even when alive, is already dead.

Love is a sickness that nobody wants to be cured of. Whoever has been attacked by it does not attempt to get better, and those who suffer from it do not want to be healed.

When you see two dragons fighting, keep your distance and do not try to separate them; they might patch things up between themselves and end up attacking you.

The next text will be posted on the 1st of June.

P.S: Dear reader,

During this journey, that is filling my soul with very interesting experiences, one of the most magical moments comes every night when I read the comments posted on this blog. Even though I can’t answer all of you, I want you to know that it’s very important to me to know that I’m not alone on this path. Thank you so much for your support and for the words and ideas that are now engraved on my heart.

Paulo Coelho