Vingt ans après: Entre Novossibirsk et Irkoutsk

Il m’est toujours impossible d’écrire dans le train à cause du mouvement. Je rencontre des lecteurs dans les gares (voyez les photos dans la galerie), je parle avec eux, j’apprends beaucoup de leur regard et des quelques paroles que nous pouvons échanger. Certains me racontent des histoires, d’autres me parlent de leurs villes et de leurs régions.

L’un d’eux me dit : « Savez-vous exactement où vous vous trouvez en ce moment ? Vous êtes dans une gare, avec beaucoup de monde, et en ce moment il y a une grande chance pour que plusieurs personnes abritent en leurs cœurs les mêmes espoirs et désespoirs que vous abritez dans le vôtre.

« Suivons ce raisonnement : vous êtes un point microscopique sur la superficie de cette boule. Cette boule qui tourne autour d’une autre, qui elle est située dans un petit coin d’une galaxie, avec des millions de boules similaires.

« Cette galaxie fait partie de quelque chose qu’on nomme l’Univers, rempli de gigantesques conglomérats stellaires. Personne ne sait exactement où commence et où finit ce qu’on nomme l’Univers.

« Tout de même, ne vous laissez pas vaincre par la fatigue de ce voyage : vous luttez, vous vous efforcez, vous essayez de vous améliorer, vous rêvez, vous vous réjouissez et vous vous attristez à cause de l’Amour. Si vous n’étiez pas vivant quelque chose manquerait. »

Je ne sais pas d’où ce lecteur a trouvé ces mots (il les lisait) mais j’avais besoin de les entendre à ce moment précis.

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Deux arrêts plus loin, une lectrice me raconte l’histoire d’un charpentier et ses apprentis qui voyageaient à travers la province de Qi (nous sommes en ce moment très près de la Chine) en quête de matériaux de construction. Ils virent un arbre gigantesque ; cinq hommes main dans la main ne réussissaient pas à l’embrasser, et sa cime était si haute qu’elle touchait quasiment les nuages.

- Ne perdons pas notre temps avec cet arbre – dit le maître charpentier. – Si on la coupe, cela nous prendra trop de temps. Si on décide de faire un bateau, celui-ci coulera car son tronc est trop lourd. Si on décide de l’utiliser pour faire la charpente d’un toit, les murs devront être exagérément résistants.

Le groupe continua son chemin. Un des apprentis commenta :

- Cet arbre est si grand qu’il ne sert à rien !

- Vous vous trompez – dit le maître charpentier. – Il a suivi son destin à sa manière. S’il était comme les autres, nous l’aurions déjà coupé. Mais parce qu’il a eu le courage d’être différent, il restera vivant et fort encore très longtemps.

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Les taoïstes racontent qu’au début des temps l’Esprit et la Matière ont guerroyé entre eux dans un combat mortel. Finalement ce fut l’Esprit qui triompha – la Matière étant condamnée à vivre pour toujours à l’intérieur de la Terre.

Pourtant, avant que cela se produise, sa tête se heurta au firmament et réduisit le ciel étoilé en miettes.

La déesse Niuka sortit des mers, resplendissante dans son armure de feu. En faisant bouillir les couleurs de l’arc-en-ciel dans un chaudron, elle fut capable de remettre les étoiles à leur place, mais elle ne parvint pas à retrouver deux petit morceaux et ainsi le firmament resta-t-il incomplet.

Ceci est l’origine de l’amour : deux âmes parcourant toujours la Terre, à la quête de l’Autre Moitié. Quand elles se rencontrent, elles réussissent à remettre les deux morceaux qui manquaient au ciel, et l’Univers entier commence à faire sens pour le couple.

Tandis que le train Transsibérien traverse la longue steppe, je pense constamment à cela.

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Même si cela paraît incroyable, beaucoup de gens ont peur du bonheur. Pour ces gens-là, être en accord avec la vie signifie changer une série d’habitudes – et perdre leur propre identité. Plusieurs fois nous nous jugeons indignes des bonnes choses qui nous arrivent. Nous n’acceptons pas les miracles – parce que les accepter nous donne la sensation que nous devons quelque chose à Dieu. De même, nous avons peur de nous « habituer » à notre bonheur.

Nous pensons : « il vaut mieux ne pas goûter la coupe de la joie, parce qu’une fois que celle-ci nous manquera, nous allons beaucoup souffrir ».

Par peur de diminuer, nous cessons de grandir. Par peur de pleurer, nous cessons de rire.

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Dans le train, je rencontre quelqu’un qui vient d’arriver du Maroc et me raconte une histoire curieuse à propos de la façon comme certaines tribus du désert voient le péché originel.

Ève se promenait dans le Jardin d’Eden, quand le serpent se rapprocha d’elle.

« Mange cette pomme » dit le serpent.

Ève, très bien instruite par Dieu, refusa.

« Mange cette pomme », insista le serpent, « parce que vous avez besoin d’être plus belle pour votre homme ».

« Je n’en ai pas besoin » répondit Ève. « Parce qu’il n’a pas d’autre femme que moi ».

Le serpent rit : « Bien sûr qu’il en a ».

Et comme Eve ne le croyait toujours pas, il l’emmena jusqu’en haut d’une colline, où il existait un puits.

« Elle est à l’intérieur de cette caverne, Adam l’a cachée ici ».

Ève se pencha et vit, réfléchie dans l’eau du puits, une très belle femme. Sur le champ elle goûta la pomme que le serpent lui offrait.

Suivant cette même tribu du Maroc, retourne au Paradis celui qui se reconnait dans le reflet du puits et n’a pas peur de soi.

Le prochain texte sera mis en ligne le 4 Juin 2006

P.S: Cher lecteur,

Pendant ce cheminement, qui remplit mon âme d’expériences très intéressantes, un des moments les plus magiques c’est lorsque, le soir venu, je lis les commentaires sur le blog. Même si je ne peux pas vous répondre à tous, je veux que vous sachiez qu’il est très important pour moi de savoir que je ne suis pas seul sur ce chemin. Merci beaucoup de votre soutien et pour les mots et les idées qui maintenant sont inscrites dans mon coeur.

Paulo Coelho

Veinte años después: Entre Novosibirsk e Irkutsk

Continua siendo imposible escribir en el tren por causa del movimiento. Encuentro lectores en las estaciones (vean las fotos en la galería), converso con ellos, aprendo mucho mirando a sus ojos y de las pocas palabras que podemos intercambiar. Unos me cuentan historias, otros hablan de sus lugares y de sus regiones.

“Usted sabe exactamente dónde está ahora?” – uno de ellos me dice – usted está en una estación de trenes junto a mucha gente y en este momento existe una gran posibilidad de que varias personas abriguen en sus corazones las mismas esperanzas y desesperanzas que usted abriga.”

Y continúo: “Vamos adelante: usted es un puntito microscópico en la superficie de una bola. Esta bola gira alrededor de otra que a su vez está ubicada en un rinconcito de una galaxia, junto con millones de bolas semejantes.”

“Esta galaxia forma parte de algo llamado Universo, lleno de gigantescos aglomerados estelares. Nadie sabe exactamente dónde comienza y dónde termina lo que llaman Universo. Aun así, no se deje vencer por el cansancio del viaje.”

“Usted lucha, se esfuerza y trata de mejorar, tiene sueños, se alegra o entristece por causa del Amor. Si no estuviese vivo, algo estaría faltando.”

No sé de donde sacó el lector estas palabras (él estaba leyendo un papel) pero yo necesitaba oírlas en aquel momento.

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Dos paradas más adelante, una lectora me cuenta una historia sobre un carpintero y sus ayudantes que viajaban por el territorio de Qi (estamos en este momento muy cerca de China), buscando material para realizar construcciones. Encontraron un árbol gigantesco; cinco hombres dándose las manos no conseguían abrazarlo y era tan alto que casi tocaba las nubes.

- No vamos a perder nuestro tiempo con este árbol – dijo el carpintero. Para cortarlo nos demoraremos mucho. Si quisiéramos hacer un barco, se hundiría de tan pesado que es su tronco. Si decidimos usarlo como estructura de un techo, las paredes tendrán que ser fuertemente resistentes.

El grupo siguió adelante y uno de los aprendices comentó:

- ¡Es un árbol tan grande que no sirve para nada!

- Estás equivocado, dijo el carpintero. Si fuese igual a los otros, nosotros ya lo hubiésemos cortado, pero como tuvo el coraje de ser diferente, permanecerá vivo y fuerte por mucho tiempo.

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Los taoístas cuentan que en el inicio de los tiempos, el Espíritu y la Materia empezaron una lucha entre ellos en un combate mortal. Finalmente, el Espíritu triunfó y la Materia fue condenada a vivir para siempre en el interior de la Tierra.

Antes de que eso sucediese, golpeó con su cabeza el firmamento y redujo en pedazos el cielo estrellado.

La diosa Niuka salió del mar, resplandeciente en su armadura de fuego. Hirviendo los colores del arco-iris en un caldero, fue capaz de recolocar las estrellas en su lugar, pero no consiguió encontrar dos pequeños pedacitos y el firmamento quedó incompleto.

Este es el origen del amor: dos almas siempre están recorriendo la Tierra buscando su Otra Parte. Cuando se encuentran, consiguen encajar los dos pedazos que faltan en el cielo y el Universo entero pasa a tener sentido para la pareja.

Mientras el tren transiberiano atraviesa esta larga estepa, pienso constantemente en eso.

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Por increíble que parezca, mucha gente tiene miedo de la felicidad. Para estas personas estar bien significa mudar una serie de hábitos y perder su propia identidad.

Muchas veces nos juzgamos indignos de las cosas que nos suceden. No aceptamos los milagros, porque aceptándolos nos da la sensación de estar en deuda con Dios, además tenemos miedo de “acostumbrarnos” a la felicidad.

Pensamos: “Es mejor no probar el cáliz de la alegría, porque cuando éste nos falte, iremos a sufrir mucho.”

Por miedo a disminuir, dejamos de crecer. Por miedo a llorar, dejamos de reír.

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En el tren encuentro a alguien que viene de Marruecos y me cuenta una historia curiosa sobre cómo ciertas tribus del desierto ven el pecado original.

Eva paseaba por los Jardines del Edén cuando la serpiente se aproximó.

“Come esta manzana”, dijo la serpiente.

Eva, muy bien instruida por Dios, se recusó.

“Come esta manzana, insistió la serpiente, necesitas estar más hermosa para tu hombre” .

” No lo necesito, Eva respondió, él no tiene otra mujer más que yo.”

La serpiente se rió: “Claro que tiene”.

Y como Eva no le creyó, la condujo hasta lo alto de una colina donde había un pozo.

“Ella está dentro de esta caverna; Adán la escondió aquí”.

Eva se agachó y vio reflejada en el agua del pozo, a una linda mujer. Enseguida comió la manzana que la serpiente le ofrecía.

Según esta misma tribu de Marruecos, vuelve al Paraíso todo aquel que se reconoce en el reflejo del pozo y no siente más temor de sí mismo.

© Traducción: María Angélica La Valle de Uranga

Próximo texto: 04.06.06.

P.S: Caro lector,

En este camino que me está llenando el espíritu con experiencias interesantísimas, uno de los momentos más mágicos es cuando, durante la noche, puedo leer sus cometarios en el blog. Mismo que no pueda responder a todos, quiero que sepan que es muy importante para mi saber que no estoy solo en este camino. Muchas gracias por su soporte y por las palabras e ideas que seguirán grabadas en mí corazón.

Paulo Coelho

Vinte anos depois: Entre Novosibirsk e Irkutsk

Continua sendo impossível escrever no trem, por causa do movimento. Encontro leitores nas estações (vejam as fotos na galeria), converso com eles, aprendo muito de seus olhos e das poucas palavras que podemos trocar. Uns contam histórias, outros falam de seus lugares e de suas regiões.

Um deles me diz:

“Você sabe exatamente onde está agora? Você está numa estação de trem, junto com muita gente, e neste momento existe uma grande chance de várias pessoas abrigarem em seus corações as mesmas esperanças e desesperanças que você abriga.”

“Vamos adiante: você é um pontinho microscópico na superfície de uma bola. Esta bola gira em torno de outra, que por sua vez está localizada num cantinho de uma galáxia, junto com milhões de bolas semelhantes.”

“Esta galáxia faz parte de algo chamado Universo, cheio de gigantescos aglomerados estelares. Ninguém sabe exatamente onde começa e onde termina o que chamam de Universo.”

“Mesmo assim, não se deixe vencer pelo cansaço da viagem: você luta, se esforça, e tenta melhorar, tem sonhos, fica alegre ou triste por causa do Amor. Se você não estivesse vivo, algo ia estar faltando.”

Não sei de onde o leitor tirou estas palavras (ele estava lendo um papel) mas eu precisava ouvi-las naquele momento.

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Duas paradas mais adiante, uma leitora me conta uma história sobre um carpinteiro e seus auxiliares que viajavam pela província de Qi (estamos, neste momento muito perto da China), em busca de material para construções. Viram uma árvore gigantesca; cinco homens de mãos dadas não conseguiam abraçá-la, e seu topo era tão alto que quase tocava as nuvens.

- Não vamos perder nosso tempo com esta árvore – disse o mestre carpinteiro.- Para cortá-la, demoraremos muito. Se quisermos fazer um barco, ele afundará, de tão pesado o seu tronco. Se resolvermos usá-la para a estrutura de um teto, as paredes terão que ser exageradamente resistentes.

O grupo seguiu adiante. Um dos aprendizes comentou:

- É uma árvore tão grande e não serve para nada!

- Você está enganado – disse o mestre carpinteiro. – Ela seguiu seu destino a sua maneira. Se fosse igual as outras, nós já a teríamos cortado, mas porque teve coragem de ser diferente, permanecerá viva e forte por muito tempo.

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Os taoístas contam que, no início dos tempos, o Espírito e a Matéria lutaram entre si um combate mortal. Finalmente o Espírito triunfou – e a Matéria foi condenada a viver para sempre no interior da Terra.

Antes que isto acontecesse, porém, sua cabeça bateu no firmamento, e reduziu a pedaços o céu estrelado.

A deusa Niuka saiu do mar, resplandecente em sua armadura de fogo. Fervendo as cores do arco-íris num caldeirão, foi capaz de recolocar as estrelas em seu lugar, mas não conseguiu encontrar dois pequenos cacos, e o firmamento ficou incompleto.

Esta é a origem do amor: duas almas sempre estão percorrendo a Terra, em busca de sua Outra Parte. Quando encontram, conseguem encaixar os dois pedaços que faltam no céu, e o Universo inteiro passa a fazer sentido para o casal.

Enquanto o trem transiberiano atravessa esta longa estepe, penso constantemente nisso.

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Por incrível que pareça, muita gente tem medo da felicidade. Para estas pessoas, estar de bem com a vida significa mudar uma série de hábitos – e perder sua própria identidade.

Muitas vezes nos julgamos indignos das coisas boas que acontecem conosco. Não aceitamos os milagres – porque aceitá-los nos dá a sensação de que estamos devendo alguma coisa a Deus. Além disso, temos medo de nos “acostumar” com a felicidade.

Pensamos: “é melhor não provar o cálice da alegria, porque, quando este nos faltar, iremos sofrer muito”.

Por medo de diminuir, deixamos de crescer, Por medo de chorar, deixamos de rir.

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No trem, encontro alguém que chega de Marrocos e me conta uma curiosa história sobre como certas tribos do deserto vêem o pecado original.

Eva passeava pelo Jardim do Éden, quando a serpente se aproximou.

“Coma esta maçã”, disse a serpente.

Eva, muito bem instruída por Deus, recusou.

“Coma esta maçã”, insistiu a serpente, “porque você precisa ficar mais bela para o seu homem”.

” Não preciso”, respondeu Eva. “Porque ele não tem outra mulher além de mim”.

A serpente riu:

“Claro que tem”.

E como Eva não acreditasse, levou-a até o alto de uma colina, onde existia um poço.

“Ela está dentro desta caverna; Adão escondeu-a ali”.

Eva debruçou-se e viu, refletida na água do poço, uma linda mulher. Na mesma hora comeu a maçã que a serpente lhe oferecia.

Segundo esta mesma tribo de Marrocos, volta ao Paraíso todo aquele que se reconhece no reflexo do poço, e não teme mais a si mesmo.

Próximo texto: 04.06.06

P.S: Estimado leitor,

Durante esta caminhada, que está enchendo minha alma de experiências interessantíssimas, um dos momentos mais mágicos é quando chega a noite e posso ler os comentários no blog. Embora não tenha como responder a todos, saibam que é muitíssimo importante para mim entender que não estou só neste caminho. Muito obrigado pelo apoio e pelas palavras e idéias que estão sendo gravadas em meu coração.

Paulo Coelho

Twenty years later: Between Novosibirsk and Irkutsk

It is still impossible to write on the train, because of all the shaking. I meet readers at the stations (see the photos in the gallery), talk with them, learn a lot from their eyes and the few words we manage to exchange. Some tell stories, others talk of their cities and the regions they come from.

One of them tells me: “Do you know exactly where you are right now? You are in a train station, along with many other people, and at this very moment there is a good chance that many people hold in their hearts the same hopes and despair as you.

“Let’s go on: you are a microscopic dot on the surface of a ball. This ball revolves around another, which in turn is located in a little corner of a galaxy, together with millions of similar balls.

“This galaxy is part of something called the Universe, full of gigantic stellar agglomerations. Nobody knows exactly where what we call the Universe starts and ends.

“Even so, don’t let yourself be beaten by the fatigue of the journey: you fight, make efforts, and try to improve, you have dreams, grow happy or sad because of Love. If you weren’t alive, something would be missing.”

I do not know where the reader found these words (he was reading from a piece of paper), but those are the words I needed to hear at that moment.

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Two stops further ahead, a reader tells me a story about a carpenter and his assistants traveling through the province of Qi (at the moment we are very near China), in search of building material. They saw a giant tree, so big that five men holding hands cannot embrace it, and so tall that it touches the clouds.

“Let’s not waste our time on this tree,” said the master carpenter. “It will take us so long to cut it down. If we want to make a boat, the trunk is so heavy that it will sink. If we decide to use it for the structure of a roof, the walls will have to be made exaggeratedly thick.”

The group continued on its way. One of the apprentices remarked:

“Such a big tree and no use for anything!”

“You are wrong,” said the master carpenter. “It has followed its destiny in its own way. If it were like the others, we would have cut it down. But because it had the courage to be different, it will stay alive and strong for a long time.”

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The Taoists tell that in the beginning of time Spirit and Matter waged a mortal combat. Finally Spirit triumphed – and Matter was condemned to live for ever inside the Earth.

Before that happened, however, his head hit against the firmament and broke the star-filled sky into pieces.

The goddess Niuka emerged from the sea, resplendent in her armor of fire. Boiling the colors of the rainbow in a cauldron, she managed to put the stars back in their proper places, but was unable to find two small slivers, and the firmament was incomplete.

This is the origin of love: two souls are always crossing the Earth, each in search of its Other Part. When they meet, they manage to fit together the two parts that are missing in the sky and the whole Universe then makes sense to the couple.

I think constantly about this as the Trans-Siberian train crosses this long steppe.

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Unbelievable as it may sound, many people are afraid of happiness. To these people, feeling good with life means changing a whole set of habits – and losing their own identity.

We often feel unworthy of the good things that happen to us. We do not accept miracles – because accepting them makes us feel that we owe something to God. Besides, we are afraid of “getting used” to happiness.

We think: “better not to drink of the cup of happiness, because we will miss it so much when we no longer have it”.

For fear of diminishing, we stop growing. For fear of crying, we stop laughing.

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In the train I meet someone coming from Morocco who tells me a strange story about how certain desert tribes see original sin.

Eve was strolling in the Garden of Eden when the serpent came up to her.

“Eat this apple”, said the serpent.

Very well instructed by God, Eve refused.

“Eat this apple”, insis¬ted the serpent,” because you have to make yourself more beautiful for your man”.

“I don’t have to”, answered Eve. “Because he has no other woman but me”.

The serpent laughed: “Of course he does”.

And since Eve did not believe him, he led her to the top of a hill, where there was a well.

“She is inside this cave; Adam hid her there”.

Eve leaned over and saw a beautiful woman reflected in the water of the well. Immediately she ate the apple that the serpent offered her.

According to this same Moroccan tribe, all those who recognize themselves in the reflection of the well and are no longer afraid of themselves, return to Paradise.

The next text will be posted on the 4th of June.

P.S: Dear reader,

During this journey, that is filling my soul with very interesting experiences, one of the most magical moments comes every night when I read the comments posted on this blog. Even though I can’t answer all of you, I want you to know that it’s very important to me to know that I’m not alone on this path. Thank you so much for your support and for the words and ideas that are now engraved on my heart.

Paulo Coelho