Édition nº 151 : Vingt ans après

La semaine prochaine (le 25 juillet), nous célébrons la fête de saint Jacques de Compostelle. L’année dernière, j’ai refait le pèlerinage en voiture avec ma femme, pour commémorer mes 20 ans de Chemin.

Je me revois un après-midi, assis dans un jardin à Léon, regardant la rivière couler.

Près de moi, Christina – ma femme – lit un livre. Le printemps commence en Europe, nous avons déjà rangé les vêtements chauds dans la valise. Nous nous promenons en voiture tous ces jours, passant dans certains lieux qui ont marqué nos vies (Christina a fait le Chemin de Saint-Jacques en 1990). Bien que nous voyagions sans nous presser, nous avons parcouru 500 kilomètres en moins d’une semaine.

Eau minérale. Café.

Des gens qui parlent, des gens qui marchent.

Des gens qui, eux aussi, prennent leur café et leur eau minérale.

Alors je retourne vingt ans en arrière, un après-midi de juillet ou août 1986, un café, une eau minérale, des gens qui parlent et qui marchent – seulement cette fois le cadre, ce sont les plaines qui s’étendent juste après Castrojeriz, mon anniversaire approche, j’ai quitté Saint-Jean-Pied-de-Port depuis longtemps, et je suis un peu au-delà de la moitié du chemin qui conduit à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Vitesse de marche : 20 kilomètres par jour.

Je regarde devant moi le paysage monotone, le guide qui prend aussi son café dans un bar qui semble surgi de nulle part. Je regarde derrière moi le même paysage monotone, avec cette seule différence que la poussière du sol porte les marques des semelles de mes chaussures – mais c’est temporaire, le vent les effacera avant l’arrivée de la nuit.

Tout me paraît irréel.

Que fais-je ici ? Cette question me poursuit, bien que plusieurs semaines soient déjà passées.

Je suis à la recherche d’une épée. J’accomplis un rituel de RAM, un petit ordre à l’intérieur de l’Église catholique, qui n’a d’autres secrets ou mystères que la tentative de comprendre le langage symbolique du monde. Je pense que j’ai été abusé, que la quête spirituelle est tout simplement dépourvue de sens et de logique, et qu’il vaudrait mieux que je sois au Brésil, à m’occuper de mes occupations de toujours.

Je doute de ma sincérité dans cette quête, parce que chercher un Dieu qui ne se montre jamais, prier à l’heure, parcourir des chemins bizarres, faire preuve de discipline, accepter des ordres qui me paraissent absurdes, cela donne beaucoup de travail.

C’est cela : je doute de ma sincérité. Pendant tous ces jours, Petrus a dit que le chemin appartenait à tout le monde, aux gens ordinaires, ce qui me déçoit beaucoup. Je pensais que tout cet effort allait me donner une place en vedette parmi les rares élus qui s’approchent des grands archétypes de l’univers. Je pensais que j’allais enfin découvrir que toutes les histoires concernant des gouvernements secrets de sages au Tibet, des breuvages magiques capables de provoquer l’amour là où l’attirance n’existe pas, des rituels dans lesquels tout d’un coup s’ouvrent les portes du Paradis, tout cela était vrai.

Mais c’est exactement le contraire que me dit Petrus : Tout le monde est choisi, si au lieu de se demander « que fais-je ici ? » on décide de faire quelque chose qui éveille l’enthousiasme dans le cœur. C’est dans le travail avec enthousiasme que se trouve la porte du paradis, l’amour qui transforme, le choix qui nous mène jusqu’à Dieu.

C’est cet enthousiasme qui nous met en relation avec le Saint Esprit, et non les centaines, les milliers de lectures des textes classiques. C’est l’envie de croire que la vie est un miracle qui permet que les miracles se produisent, et non les prétendus « rituels secrets » ou « ordres initiatiques ». Enfin, c’est la décision que prend l’homme d’accomplir son destin qui fait de lui vraiment un homme – et non les théories qu’il développe autour du mystère de l’existence.

Et voilà où je suis. Un peu au-delà du milieu du chemin qui me mène à Saint-Jacques-de-Compostelle. Si les choses sont aussi simples qu’il le dit, pourquoi cette aventure inutile ?
Cet après-midi-là à Léon, dans la lointaine année 1986, je ne sais pas encore que dans six ou sept mois j’écrirai un livre sur mon expérience, que marche déjà dans mon âme le berger Santiago en quête d’un trésor, qu’une femme appelée Veronika se prépare à avaler des pilules et tenter de se suicider, que Pilar arrivera devant la rivière Piedra et écrira, en pleurant, son journal.

Tout ce que je sais, c’est que je fais cet absurde et monotone Chemin. Il n’y a pas de fax ni de cellulaire, les refuges sont rares, mon guide semble tout le temps en colère, et je n’ai aucun moyen de savoir ce qui se passe au Brésil.

Tout ce que je sais en ce moment, c’est que je suis tendu, nerveux, incapable de parler avec Petrus, parce que je viens de me rendre compte que je ne peux plus retourner faire ce que je faisais – même si cela signifie renoncer à un revenu raisonnable à la fin du mois, à une certaine stabilité émotionnelle, à un travail que je connais et dont je maîtrise certaines techniques. J’ai besoin de changer, de poursuivre mon rêve, un rêve qui me paraît infantile, ridicule, impossible à réaliser – devenir l’écrivain qu’en secret j’ai toujours désiré être – mais que je n’ai pas le courage d’assumer.

Petrus finit de boire son café et son eau minérale, il demande que je règle la note et que nous reprenions tout de suite notre marche, puisqu’il reste encore quelques kilomètres jusqu’à la prochaine ville. Les gens continuent de passer et de parler, regardant du coin de l’œil les deux pèlerins d’âge moyen, pensant qu’il y a des gens bizarres dans ce monde, toujours prêts à tenter de revivre un passé qui est déjà mort (*). La température doit avoisiner les 27° C parce que c’est la fin de l’après-midi, et je me demande silencieusement, pour la millième fois, si je n’ai pas pris la mauvaise décision.

Je voulais changer ? Je ne crois pas, mais en fin de comptes, ce chemin me transforme. Je voulais connaître les mystères ? Je le crois, mais le chemin m’enseigne qu’il n’y a pas de mystères, que – comme le disait Jésus-Christ – il n’y a rien de caché qui n’ait pas été révélé. Enfin, tout se passe exactement à l’opposé de ce que j’attendais.

Nous nous levons, et nous commençons à marcher en silence. Je suis plongé dans mes pensées, dans mon insécurité, et Petrus doit songer – j’imagine – à son travail à Milan. Il est ici parce que d’une certaine manière il a été obligé par la Tradition, mais peut-être attend-il que cette marche se termine vite, pour pouvoir retourner faire ce qu’il aime.

Nous marchons presque tout le reste de l’après-midi sans échanger un mot. Nous sommes isolés dans notre intimité forcée. Saint-Jacques-de-Compostelle est devant nous, et je ne peux pas imaginer que ce chemin me conduit non seulement vers cette ville, mais vers beaucoup d’autres villes du monde. Ni Petrus ni moi ne savons que cet après-midi-là, dans la plaine de Léon, je marche aussi vers Milan, sa ville, où j’arriverai presque dix ans plus tard, avec un livre intitulé « L’Alchimiste ». Je marche vers mon destin, auquel j’ai rêvé tant de fois et que j’ai tant d’autres fois refusé.

Dans quelques jours, j’arriverai exactement là où aujourd’hui, vingt ans après, j’écris ces lignes. Je marche vers ce que j’ai toujours désiré, et je ne crois pas, ni n’espère, que ma vie va se transformer.

Mais je vais de l’avant. Dans un futur lointain, dans un des bars où je passerai dans quelques jours, ma femme est déjà assise, lisant un livre, et moi je suis là, tapant sur un ordinateur ce texte que, quelques minutes après, j’envoie par Internet jusqu’au journal où il sera publié.

Je marche vers ce futur – en cet après-midi d’août 1986.

(*) Dans l’année où j’ai fait le pèlerinage, seulement 400 personnes avaient parcouru le Chemin de Saint-Jacques. En 2005, selon des statistiques officieuses, 400 personnes passaient – par jour – devant le bar mentionné dans le texte. 

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Edizione nº 151 : Vent’anni dopo

La prossima settimana celebreremo (25 luglio) il giorno di San Giacomo di Compostela. L’anno scorso, ho rifatto il pellegrinaggio insieme a mia moglie, per celebrare i miei vent’anni dal Cammino.

Mi ricordo di un pomeriggio in cui, seduto in un giardino di Leon, guardavo il fiume che scorre.

Accanto a me, Christina – mia moglie – sta leggendo un libro. In Europa comincia la primavera, ormai possiamo rimettere in valigia i maglioni. Abbiamo viaggiato in auto tutti questi giorni, passando per alcuni luoghi che hanno segnato le nostre vite (Christina ha fatto il Cammino di Santiago nel 1990). Pur avendo viaggiato senza fretta, abbiamo percorso 500 km in meno di una settimana.

Acqua minerale. Caffè.

Persone che conversano, persone che camminano.

Persone che prendono anch’esse il caffè e l’acqua minerale.

Allora torno indietro nel tempo di vent’anni, a un pomeriggio di luglio o agosto del 1986, un caffè, un’acqua minerale, persone che conversano e camminano – solo che stavolta lo scenario sono le pianure che si stendono dopo Castrojeriz, il mio compleanno si sta avvicinando, sono uscito da Sant Jean Pied-de-Port già da un po’ di tempo, e mi trovo poco oltre la metà della strada che conduce a Santiago de Compostela.

Velocità dell’andatura: 20 km al giorno.

Guardo davanti a me, il paesaggio è monotono: anche la guida sta bevendo il suo caffè in un bar che sembra sorto dal nulla. Guardo dietro di me, lo stesso paesaggio monotono, con l’unica differenza che la polvere del suolo reca le impronte delle suole delle mie scarpe – ma è solo questione di tempo, il vento le cancellerà prima che sia scesa la sera. 

Tutto mi sembra irreale.

Che sto facendo qui? Questa domanda continua ad accompagnarmi, anche se sono ormai passate varie settimane.

Sto cercando una spada. Sto compiendo un rituale di RAM, un piccolo ordine all’interno della Chiesa Cattolica, senz’altri segreti o misteri se non il tentativo di comprendere il linguaggio simbolico del mondo. Sto pensando che sono stato ingannato, che la ricerca spirituale non è altro che una cosa senza senso o logica, e che sarebbe stato meglio rimanere in Brasile, ad occuparmi delle cose di cui mi occupo sempre.

Sto dubitando della mia sincerità in questa ricerca perché è molto faticoso cercare un Dio che non si mostra mai, pregare alle ore giuste, percorrere cammini strani, mantenere una certa disciplina, accettare ordini che mi sembrano assurdi.

Si tratta di questo: dubito della mia sincerità. In tutti questi giorni Petrus ha detto che il cammino è di tutti, delle persone comuni, il che mi lascia piuttosto disilluso. Io pensavo che tutto questo impegno mi avrebbe dato un posto di rilievo tra i pochi eletti che si avvicinano ai grandi archetipi dell’universo. Pensavo che avrei finalmente scoperto quanto siano vere tutte le storie sui governi segreti di saggi nel Tibet, sulle pozioni magiche capaci di suscitare amore là dove non c’è attrazione, di rituali in cui all’improvviso le porte del Paradiso si aprono.

Ma quello che Petrus mi dice è esattamente il contrario: gli eletti non esistono. Tutti sono prescelti se, invece di domandarsi “che cosa sto facendo qui”, decidono di fare qualcosa che risvegli l’entusiasmo nel loro cuore. È nel lavoro con entusiasmo che risiede la porta del paradiso, l’amore che trasforma, la scelta che ci porta a Dio. 

È questo entusiasmo che ci mette in connessione con lo Spirito Santo, e non le centinaia, le migliaia di letture dei testi classici. È la volontà di credere che la vita è un miracolo che permette ai miracoli di accadere, e non i cosiddetti “rituali segreti” o gli “ordini iniziatici”.  Insomma, è la decisione dell’uomo di compiere il proprio destino che lo fa essere realmente un uomo – e non le teorie che egli elabora intorno al mistero dell’esistenza.

E ora sono qui. Poco oltre la metà del cammino che mi conduce a Santiago de Compostela. Se le cose sono tanto semplici come dice lui, perché questa avventura inutile?
In questo pomeriggio a Leon, nel lontano 1986, io non so ancora che tra sei o sette mesi scriverò un libro su questa mia esperienza, che già procede accanto alla mia anima il pastore Santiago in cerca di un tesoro, che una donna chiamata Veronika si accinge ad ingerire alcune pillone nel tentativo di suicidarsi, che Pilar arriverà davanti al fiume Piedra e scriverà, piangendo, il suo diario.

Tutto quel che so è che sto facendo questo assurdo e monotono Cammino. Non esistono né fax né cellulare, i rifugi sono pochi, la mia guida sembra continuamente irritata, e io non ho modo di sapere che cosa sta succedendo in Brasile.

Tutto quel che so in questo momento è che sono teso, nervoso, incapace di conversare con Petrus, perché mi sono appena reso conto che non posso piú riprendere a fare ciò che facevo prima – anche se ciò significa rinunciare a una discreta somma di denaro alla fine del mese, a una certa stabilità emotiva, a un lavoro che ormai conosco e del quale domino alcune tecniche.  Ho bisogno di cambiare, di proseguire verso il mio sogno, un sogno che mi sembra puerile, ridicolo, impossibile da realizzare: diventare lo scrittore che segretamente ho sempre desiderato essere, senza averne mai il coraggio.

Petrus finisce di bere il suo caffè, la sua acqua minerale, mi chiede di pagare il conto e di rimetterci subito in cammino, perché mancano ancora alcuni chilometri fino alla prossima città. Le persone continuano a passare e a conversare, a guardare con la coda dell’occhio i due pellegrini di mezza età, pensando che c’è tanta gente strana a questo mondo, sempre pronta a tentare di rivivere un passato che ormai è morto (*).  La temperatura deve aggirarsi sui 27o C perché è pomeriggio inoltrato, e io mi domando silenziosamente, per la millesima volta, se non avrò preso la decisione sbagliata.

Volevo forse cambiare? Penso di no, ma in fin dei conti questo cammino mi sta trasformando. Volevo conoscere i misteri? Penso di sí, ma il cammino mi sta insegnando che i misteri non esistono, che – come diceva Gesú Cristo – non vi è nulla di occulto che non sia stato rivelato. Insomma, tutto sta avvenendo esattamente al contrario di quanto io mi aspettavo.

Ci alziamo e cominciamo a camminare in silenzio. Sono immerso nei miei pensieri, nella mia insicurezza, e Petrus starà pensando – immagino – al suo lavoro a Milano. Si trova qui perché in qualche modo è stato obbligato dalla Tradizione, ma probabilmente spera che questa camminata finisca presto, per poter tornare a fare ciò che gli piace.

Camminiamo per quasi tutto il resto del pomeriggio senza parlare. Siamo isolati nella nostra convivenza forzata. Santiago de Compostela si trova piú avanti, e io non posso immaginare che questo cammino mi condurrà non solo a questa città, ma anche a tante altre città del mondo. Né io né Petrus sappiamo che questo pomeriggio, nella pianura di Leon, io sto camminando anche verso Milano, la sua città, dove arriverò quasi dieci anni dopo, con un libro intitolato “L’alchimista”. Io sto camminando verso il mio destino, tante volte sognato e altrettante volte negato.

Fra qualche giorno arriverò esattamente nel luogo dove oggi, vent’anni dopo, sto scrivendo queste righe. Sto camminando verso ciò che ho sempre desiderato, e non ho fede, né speranza, che la mia vita si trasformi.

Ma proseguo. In un futuro lontano, in uno dei bar dove passerò fra alcuni giorni, c’è già mia moglie seduta a leggere un libro, e ci sono anch’io, digitando questo testo su un computer che, qualche minuto dopo, lo invierà tramite internet al giornale su cui sarà pubblicato. 

Sto camminando verso questo futuro – in questo pomeriggio d’agosto del 1986. 

(*) nell’anno in cui feci il pellegrinaggio, solo 400 persone avevano percorso il Cammino di Santiago. Nel 2005, secondo statistiche non ufficiali, 400 persone passavano- ogni giorno – davanti al bar di cui si parla nel testo. 

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Edición nº 151: Veinte años después

La próxima semana celebramos el día de Santiago de Compostela (25 de julio). El año pasado, realicé una vez más la peregrinación, en coche, junto a mi mujer, para celebrar mis 20 años de Camino.

Me acuerdo de una tarde, yo sentado en un jardín de León, mirando el correr de las aguas de un río.

A mi lado Cristina – mi mujer – está leyendo un libro. La primavera empieza en Europa, ya podemos colocar los abrigos en la maleta. Viajamos en coche todos estos días, pasando por algunos lugares que marcaron nuestras vidas (Cristina hizo el Camino de Santiago en 1990). A pesar de que viajamos sin prisa, cubrimos 500 Km. en menos de una semana.

Agua mineral. Café.

Personas que conversan, personas que caminan.

Personas que también toman su café y su agua mineral.

Entonces vuelvo veinte años en el tiempo, a una tarde de Julio o Agosto de 1986, a un café, un agua mineral, personas conversando y caminando – sólo que esta vez el escenario son las planicies que se extienden después de Castrogeriz -, mi cumpleaños se aproxima, ya salí de Sant Jean Pied-de-Port hace tiempo, y estoy un poco más allá de la mitad del camino que conduce a Santiago de Compostela.

Velocidad de caminada: 20 kms por día.

Miro para adelante, el paisaje monótono, el guía que también toma su café en un bar que parece haber surgido de la nada. Miro para atrás, el mismo paisaje monótono, con la única diferencia que en el polvo del camino están las marcas de las suelas de mis zapatos – pero eso es temporal, el viento las borrará antes de que llegue la noche.

Todo me parece irreal.

¿Qué estoy haciendo aquí? Esta pregunta continúa acompañándome a pesar de ya haber transcurrido varias semanas. Estoy buscando una espada. Estoy cumpliendo un ritual de RAM, una pequeña orden dentro de la Iglesia Católica, sin secretos o misterios más allá de la tentativa de comprender el lenguaje simbólico del mundo. Estoy pensando que fui engañado, que la búsqueda espiritual no pasa de una cosa sin sentido o lógica, y que sería mejor estar en Brasil, cuidando de lo que yo siempre cuidaba.

Estoy dudando de mi sinceridad en esta búsqueda, porque da mucho trabajo buscar un Dios que nunca se muestra, rezar en las horas ciertas, recorrer caminos extraños, tener disciplina, aceptar órdenes que me parecen absurdas. Es eso: dudo de mi sinceridad. Todos estos días Petro ha dicho que el camino es de todos, de las personas comunes, lo que me deja muy decepcionado. Yo pensaba que todo este esfuerzo me iba a dar un lugar de destaque entre los pocos elegidos que se aproximan a los grandes arquetipos del universo. Yo pensaba que iba finalmente a descubrir que son verdad todas las historias respecto a los gobiernos secretos de sabios en el Tibet, de pociones mágicas que son capaces de provocar el amor donde no existe la atracción, de rituales donde de repente las puertas del paraíso se abren. Pero es exactamente lo contrario de lo que Petrus me dice: no existen los elegidos. Todos son elegidos si en vez de preguntarse “qué estoy haciendo aquí” decidieran hacer cualquier cosa que despierte el entusiasmo en su corazón. Es en el trabajo con entusiasmo que está la puerta del paraíso, el amor que transforma, la elección que nos lleva hasta Dios. Es ese entusiasmo que nos conecta con el Espíritu Santo, y no las centenas, millares de lecturas de los textos clásicos. Es la voluntad de creer que la vida es un milagro que permite que los milagros sucedan, y no los llamados “rituales secretos” u “órdenes iniciáticas”. En fin, es la decisión del hombre de cumplir su destino lo que lo hace ser realmente un hombre – y no las teorías que él desenvuelve alrededor del misterio de la existencia.

Y aquí estoy yo. Un poco más allá de la mitad del camino que me lleva a Santiago de Compostela. Si las cosas son tan simples como él dice, ¿por qué esta aventura inútil?

En esta tarde en León, en el lejano año de 1986, yo todavía no sé que de aquí a seis o siete meses escribiré un libro sobre esta experiencia mía, que ya camina por mi alma el pastor Santiago en busca de un tesoro, que una mujer llamada Verónica se prepara para ingerir algunas píldoras y tratar de cometer suicidio, que Pilar llegará delante del río Piedra y escribirá, llorando, su diario. Todo lo que sé es que estoy haciendo este absurdo y monótono Camino. No existe fax, celular, los refugios son pocos, mi guía parece irritado todo el tiempo, y no tengo como saber lo que está sucediendo en Brasil.

Todo lo que sé en este momento es que estoy tenso, nervioso, incapaz de conversar con Petrus, porque acabo de darme cuenta de que no puedo volver a hacer más lo que venía haciendo – aunque eso signifique prescindir de un dinero razonable al final del mes, de una cierta estabilidad emocional, de un trabajo que ya conozco y del cual domino algunas técnicas – Necesito cambiar, seguir en dirección a mi sueño, un sueño que me parece infantil, ridículo, imposible de ser realizado: convertirme en el escritor que secretamente siempre deseé ser, pero que no tengo coraje de asumir.

Petrus termina de beber su café, su agua mineral, me pide que pague la cuenta y que continuemos caminando, ya que todavía faltan algunos kilómetros hasta la próxima ciudad. Las personas continúan pasando y conversando, mirando de reojo a los dos peregrinos de mediana edad, pensando que hay gente extraña en este mundo, siempre lista para intentar revivir un pasado que ya está muerto. La temperatura debe estar alrededor de los 27oC porque es el final de la tarde, y yo me pregunto silenciosamente, por la milésima vez, si no tomé la decisión equivocada.

¿Yo quería cambiar? Creo que no, pero a fin de cuentas este camino me está transformando. ¿Yo quería conocer los misterios? Creo que sí, pero el camino me está enseñando que no existen los misterios, que – como decía Jesucristo – no hay nada oculto que no haya sido revelado. En fin, todo está sucediendo al contrario de lo que yo esperaba.

Nos levantamos, y empezamos a andar en silencio. Estoy inmerso en mis pensamientos, en mi inseguridad, y Petrus debe estar pensando –yo me imagino– en su trabajo en Milán. Está aquí porque de alguna manera fué obligado por la Tradición, pero posiblemente espera que esta caminata termine rápido, para poder volver a hacer lo que le gusta.

Anduvimos casi todo el resto de la tarde sin conversar. Estamos aislados en nuestra convivencia forzada. Santiago de Compostela está adelante, y no puedo imaginar que este camino me conduce no sólo a esta ciudad, sino a muchas otras ciudades del mundo. Ni yo ni Petrus sabemos que en esta tarde, en la planicie de León, estoy también caminando hacia Milán, su ciudad, donde llegaré casi diez años después, con un libro llamado “El Alquimista”. Yo estoy caminando hacia mi destino, tantas veces soñado y otras tantas veces negado.

En algunos días llegaré exactamente al lugar donde hoy, veinte años después, escribo estas líneas. Yo estoy caminando en dirección a lo que siempre deseé, y no tengo fe, ni esperanza de que mi vida se transforme.

Pero continúo adelante. En un futuro remoto, en uno de los bares por donde pasaré de aquí a algunos días, ya está sentada mi mujer leyendo un libro, y allí estoy yo, escribiendo este texto en un ordenador, que minutos después lo envía por internet hasta el periódico donde será publicado.

Estoy caminando en dirección a este futuro – en esta tarde de agosto de 1986.

(*) En el año que hice la peregrinación, apenas 400 personas habían recorrido el Camino de Santiago. En el año 2005, según estadísticas no oficiales, 400 personas pasaban -por día – delante del bar mencionado en el texto.

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Edição nº 151 : Vinte anos depois

Na próxima semana comemoramos (25 de julho) o dia de Santiago de Compostela. No ano passado, refiz a peregrinação de carro junto com minha mulher, para celebrar meus 20 anos de Caminho.

Me lembro de uma tarde, sentado em um jardim em Leon, olhando o rio que corre.

Ao meu lado, Christina – minha mulher – está lendo um livro. A primavera começa na Europa, já podemos colocar os agasalhos na mala. Andamos de carro todos estes dias, passando em alguns lugares que marcaram nossas vidas (Christina fez o Caminho de Santiago em 1990). Apesar de viajarmos sem pressa, cobrimos 500 kms. em menos de uma semana.

Agua mineral. Café.

Pessoas que conversam, pessoas que caminham.

Pessoas que também tomam seu café e sua água mineral.

Então volto vinte anos no tempo, uma tarde de julho ou agosto de 1986, um café, uma água mineral, pessoas conversando e caminhando – só que desta vez o cenário são as planícies que se estendem logo depois de Castrojeriz, meu aniversário se aproxima, já saí de Sant Jean Pied-de-Port faz tempo, e estou pouco além da metade do caminho que conduz a Santiago de Compostela.

Velocidade de caminhada: 20 kms por dia.

Olho para adiante, a paisagem monótona, o guia que também toma o seu café num bar que parece ter surgido de lugar nenhum. Olho para trás, a mesma paisagem monótona, com a única diferença que a poeira do chão tem as marcas das solas de meus sapatos – mas isso é temporário, o vento as apagará antes que chegue a noite.

Tudo me parece irreal.

O que estou fazendo aqui? Esta pergunta continua me acompanhando, embora várias semanas já se tenham passado.

Estou procurando uma espada. Estou cumprindo um ritual de RAM, uma pequena ordem dentro da Igreja Católica, sem segredos ou mistérios além da tentativa de compreender a linguagem simbólica do mundo. Estou pensando que fui enganado, que a busca espiritual não passa de uma coisa sem sentido ou lógica, e que seria melhor estar no Brasil, cuidando do que eu sempre cuidava.

Estou duvidando de minha sinceridade nesta busca, porque dá muito trabalho procurar um Deus que nunca se mostra, rezar nas horas certas, percorrer caminhos estranhos, ter disciplina, aceitar ordens que me parecem absurdas.

É isso: duvido da minha sinceridade. Por todos estes dias Petrus tem dito que o caminho é de todos, das pessoas comuns, o que me deixa muito decepcionado. Eu pensava que todo este esforço fosse me dar um lugar de destaque entre os poucos eleitos que se aproximam dos grandes arquétipos do universo. Eu pensava que ia finalmente descobrir que é verdade todas as histórias a respeito de governos secretos de sábios no Tibete, de porções mágicas capazes de provocar amor onde não existe atração, de rituais onde de repente as portas do Paraíso se abrem.

Mas é exatamente o contrário que Petrus me diz: não existem eleitos. Todos são escolhidos, se ao invés de se perguntarem “o que estou fazendo aqui”, resolverem fazer qualquer coisa que desperte o entusiasmo no coração. É no trabalho com entusiasmo que está a porta do paraíso, o amor que transforma, a escolha que nos leva até Deus.

É esse entusiasmo que nos conecta com O Espírito Santo, e não as centenas, milhares de leituras dos textos clássicos. É a vontade de acreditar que a vida é um milagre que permite que os milagres aconteçam, e não os chamados “rituais secretos” ou “ordens iniciáticas”. Enfim, é a decisão do homem de cumprir o seu destino que o faz ser realmente um homem – e não as teorias que ele desenvolve em torno do mistério da existência.

E aqui estou eu. Um pouco além do meio do caminho que me leva a Santiago de Compostela. Se as coisas são tão simples como ele diz, por que esta aventura inútil?
Nesta tarde em Leon, no longínquo ano de 1986, eu ainda não sei que daqui a seis ou sete meses irei escrever um livro sobre esta minha experiência, que já caminha por minha alma o pastor Santiago em busca de um tesouro, que uma mulher chamada Veronika preparara-se para ingerir algumas pílulas e tentar cometer suicídio, que Pilar chegará diante do rio Piedra e escreverá, chorando, o seu diário.

Tudo que sei é que estou fazendo este absurdo e monótono Caminho. Não existe fax, celular, os refúgios são poucos, meu guia parece irritado o tempo inteiro, e não tenho como saber o que está acontecendo no Brasil.

Tudo que sei neste momento é estou tenso, nervoso, incapaz de conversar com Petrus, porque acabo de me dar conta de que não posso mais voltar a fazer o que vinha fazendo – mesmo que isso signifique abrir mão de um dinheiro razoável no final do mês, de uma certa estabilidade emocional, de um trabalho que já conheço e do qual domino algumas técnicas. Preciso mudar, seguir em direção ao meu sonho, um sonho que me parece infantil, ridículo, impossível de ser realizado: tornar-me o escritor que secretamente sempre desejei ser, mas que não tenho coragem de assumir.

Petrus termina de beber seu café, sua água mineral, pede que pague a despesa e que continuemos logo a andar, já que ainda faltam alguns quilômetros até a próxima cidade. As pessoas continuam passando e conversando, olhando com o canto dos olhos os dois peregrinos de meia-idade, pensando como há gente estranha neste mundo, sempre pronta a tentar reviver um passado que já está morto (*). A temperatura deve estar em torno de 27o C porque é o final da tarde, e eu me pergunto silenciosamente, pela milésima vez, se não tomei a decisão errada.

Eu queria mudar? Acho que não, mas no final das contas este caminho está me transformando. Eu queria conhecer os mistérios? Acho que sim, mas o caminho está me ensinando que não existem mistérios, que – como dizia Jesus Cristo – não há nada oculto que não tenha sido revelado. Enfim, tudo está acontecendo exatamente ao contrário do que eu esperava.

Nos levantamos, e começamos a andar em silêncio. Estou imerso em meus pensamentos, em minha insegurança, e Petrus deve estar pensando – imagino eu – no seu trabalho em Milão. Está aqui porque de alguma maneira foi obrigado pela Tradição, mas possivelmente espera que esta caminhada termine logo, para que possa voltar a fazer o que gosta.

Andamos por quase todo o resto da tarde sem conversar. Estamos isolados em nossa convivência forçada. Santiago de Compostela está adiante, e não posso imaginar que este caminho me conduz não apenas à esta cidade, mas a muitas outras cidades do mundo. Nem eu nem Petrus sabemos que nesta tarde, na planície de Leon, eu estou também caminhando para Milão, sua cidade, aonde chegarei quase dez anos depois, com um livro chamado “O Alquimista”. Eu estou caminhando para o meu destino, tantas vezes sonhado e outras tantas vezes negado.

Em alguns dias chegarei exatamente no lugar onde hoje, vinte anos depois, escrevo estas linhas. Eu estou caminhando em direção ao que sempre desejei, e não tenho fé, nem esperança, que minha vida se transforme.

Mas continuo em frente.Em um futuro longínquo, em um dos bares onde passarei daqui a alguns dias, já está sentada minha mulher lendo um livro, e ali estou eu, digitando este texto em um computador, que minutos depois o envia por internet até o jornal onde será publicado.

Estou caminhando em direção a este futuro – nesta tarde de agosto de 1986.

(*) no ano que fiz a peregrinação, apenas 400 pessoas tinham percorrido o Caminho de Santiago. No ano de 2005, segundo estatísticas não oficiais, 400 pessoas passavam – por dia – diante do bar mencionado no texto.

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Twenty years later

Next week we commemorate Santiago de Compostela day (25th July).  Last year, to celebrate the 20th anniversary of my first Santiago Walk, I made the pilgrimage again, by car, in the company of my wife.

I remember one afternoon sitting in a garden in Leon, looking at the river flowing by.

Beside me, Christina – my wife – is reading a book.  Spring is beginning in Europe, so now we can put away our thick winter clothes.  We have been traveling by car all these days, passing through certain places that have marked our lives (Christina traveled the Road to Santiago in 1990).  Though not in any hurry, we have covered 500 kilometers in less than a week.

Mineral water.  Coffee.

People talking, people walking.

People also having their coffee and mineral water.

Then I go back twenty years in time, to one afternoon in July or August 1986, a coffee, a mineral water, people talking and walking – except this time the scenario is the plain that stretches out beyond Castrojeriz.  My birthday draws near; I left Saint Jean Pied-de-Port some time ago and have covered just over half the journey to Santiago de Compostela.

Walking speed: 20 kilometers a day.

I look ahead, the monotonous landscape, the guide also having his coffee in a bar that seems to have appeared out of nowhere.  I look behind; the same monotonous landscape, the only difference being that the dust on the ground bears the marks of the soles of my shoes – but that is temporary, and the wind will sweep them away before night falls. 

Everything seems unreal to me.

What am I doing here?  This question goes on pursuing me, although several weeks have already gone by.

I am looking for a sword.  I am performing a ritual of RAM, a small order within the Catholic Church without any secrets or mysteries besides trying to understand the symbolic language of the world.  I am thinking that I have been fooled, that the spiritual quest is just something with no sense or logic and that I would be better off in Brazil, caring about what I always cared about.

I am doubting my own sincerity in this quest, because it is hard work looking for a God who never shows Himself, praying at specific times, traveling strange roads, being disciplined, accepting orders that seem absurd.

That’s it: I doubt my sincerity.  During all these days, Petrus has said that the road belongs to everyone, the common folk, which makes me very disappointed.  I thought that all this effort would ensure me a special place among the few chosen who approach the great archetypes of the universe.  I thought that I was finally going to discover that it was all true, all those stories about secret governments of wise men in Tibet, magic potions capable of provoking love where there is no attraction, and rituals where all of a sudden the gates of Paradise open up, was all true.

But what Petrus tells me is exactly the opposite: there are no chosen.  We are all chosen, if instead of wondering “what am I doing here?” we decide to do something that fills our hearts with enthusiasm.  Working with enthusiasm, love that transforms, the choice that leads us to God, that is where the gates of Paradise are to be found. 

And this enthusiasm connects us to the Holy Spirit, not the hundreds and thousands of readings of the classic texts.  It is wanting to believe that life is a miracle that enables miracles to happen, not the so-called “secret rituals” or “initiatory orders”.  In short, it is man’s decision to comply with his destiny that really makes him a man – not the theories that he develops around the mystery of existence.

And here I am.  A little beyond halfway on the road to Santiago de Compostela.  If everything is as simple as Petrus says, why all this useless adventure?
On that afternoon in León in the far-off year of 1986, I still do not know that in six or seven years’ time I will write a book on this experience of mine, which is already in my soul – the shepherd Santiago in quest of a treasure – that a woman called Veronika had prepared to swallow some pills and try to commit suicide, and that Pilar will stand on the banks of the river Piedra and write her diary in tears.

All I know is that I am on this absurd and monotonous walk.  There is no fax, no cellular phone, the shelters are few and far between, my guide seems irritated the whole time, and I have no way of knowing what is going on in Brazil.

All I know at this very moment is that I am tense, nervous, incapable of talking with Petrus because I have just realized that I can no longer go on doing what I have been doing – even if this means giving up a reasonable amount of money at the end of the month, a certain emotional stability, a job that I know well and some techniques that I master.  I need to change, follow in the direction of my dream, a dream that seems to me childish, ridiculous and impossible to make come true: to become the writer that I have secretly always wanted to be, but have never had the courage to admit.

Petrus finishes his coffee and mineral water, asks me to get the check and for us to start walking again, because there are still some kilometers to the next town.  People go on passing by and talking, looking out of the corner of their eye at these two middle-aged pilgrims, wondering about the strange people in this world who are always ready to try and relive a past that is already dead (*).  The temperature must be around 27o C because it is late afternoon and for the thousandth time I ask myself whether I have made the wrong decision.

Did I want to change?  I don’t think so, but after all, this road is changing me.  Did I want to know the mysteries?  I think so, but the road is teaching me that there are no mysteries, that – as Jesus Christ said – nothing is hidden that has not been revealed.  In other words, everything is happening in exactly the opposite way from what I expected.

We rose and started to walk in silence.  I am engrossed in my thoughts, in my insecurity, and I imagine Petrus must be thinking about his job in Milan.  He is here because somehow he was obliged by Tradition, but perhaps he hopes that the walk will soon come to an end so that he can get back to doing what he likes.

We walk for almost all of what remains of the afternoon without talking.  We are isolated in our forced companionship.  Santiago de Compostela lies ahead and I cannot imagine that this road leads me not only to this city, but also to many other cities in the world.  Neither I nor Petrus know that this afternoon on the plain of León I am also walking to Milan, his city, which I shall reach almost ten years from now, with a book called “The Alchemist”.  I am walking towards my destiny, dreamed of so many times and so many times denied.

In a few days I shall arrive at exactly the place where today, twenty years down the track, I write these lines.  I am walking in the direction of what I always wanted, and I have neither faith nor hope that my life will be changed.

Yet I push ahead.  In some distant future, in one of the bars which I shall pass by a few days from now, my wife is already sitting reading a book, and there am I, writing this text on a computer that in a few minutes will send it by Internet to the newspaper where it will be published. 

I am walking towards that future – on this August afternoon in 1986.
(*) in the year I made the pilgrimage, only 400 people had taken the Road to Santiago.  In 2005, according to non-official statistics, 400 people passed every day in front of the bar mentioned in the text.

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The carp learns to grow

By Paulo Coelho

The Japanese carp or koi has the natural ability to grow according to the size of its environment. Thus, in a small tank, it usually grows to no more than five to seven centimetres, but if placed in a lake, it can grow to three times that size.

In the same way, people tend to grow according to their environment, although we are not talking here about physical characteristics, but about emotional, spiritual and intellectual development.

While the carp is obliged, for its own well-being, to accept the limits of its world, we are free to set the boundaries of our own dreams. If we are a bigger fish than the tank in which we were bred, instead of adapting to it, we should go in search of the ocean, even if the initial adaptation period proves uncomfortable and painful.

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Conversation with Paulo Coehlo by Israel Mlambo

Not exactly answered my ‘direct’ question wherein I asked at which point does one stop being nice and becoming a doormat or laughing stock – this was regarding the degree of tolerance one must reserve especialy when interacting with others. Nevertheless, Coelho’s message is insightful (probably because I’m a fan). See Paulo Coehlo’s response below and my email request …

To read Paulo’s answer, please visit Israel’s blog.