Le guerrier de la lumière et son tempérament

Le guerrier de la lumière se permet de vivre un jour pas comme les autres. Il n’a pas peur de pleurer de vieux chagrins ou de se réjouir de nouvelles découvertes. Quand il sent que l’heure est venue, il laisse tout tomber et part vers l’aventure dont il a tant ríªvé. Quand il comprend qu’il est í  la limite de sa résistance,il quitte le combat, sans se culpabiliser d’avoir fait une ou deux folies inattendues.

L’histoire qui suit illustre ce que je veux dire.

Un homme en quíªte de sainteté décida de gravir une haute montagne en emportant seulement les víªtements qu’il portait sur lui, et d’y rester í  méditer le restant de ses jours.

Il comprit bientí´t qu’un víªtement ne suffisait pas parce qu’il se salissait très vite. Il descendit la montagne, se rendit au village le plus proche, et demanda d’autres víªtements. Comme tous savaient que cet homme était en quíªte de sainteté, ils lui remirent un nouveau pantalon et une chemise.

L’homme remercia et remonta jusqu’í  l’ermitage qu’il construisait en haut de la montagne. Il passait les nuits í  fabriquer les murs, les jours livré í  la méditation, il mangeait les fruits des arbres, et il buvait l’eau d’une source voisine.

Au bout d’un mois, il découvrit qu’un rat rongeait le víªtement de rechange qu’il laissait í  sécher. Comme il voulait n’íªtre concentré que sur son devoir spirituel, il descendit de nouveau jusqu’au village, et il demanda qu’on lui trouve un chat.

Les habitants, respectant sa quíªte, exaucèrent sa demande.

Encore sept jours, et le chat était quasi mort d’inanition, parce qu’il n’arrivait pas í  se nourrir de fruits, et il n’y avait plus de rats dans les lieux. Il revint au village pour trouver du lait ; comme les paysans savaient que ce n’était pas pour lui – qui, en fin de compte, résistait sans rien manger d’autre que ce que la nature lui offrait -, ils l’aidèrent une fois de plus.

Le chat vint rapidement í  bout du lait, si bien que l’homme demanda qu’on lui príªte une vache.

Comme la vache donnait plus de lait qu’il n’était suffisant, il se mit í  le boire aussi, pour ne pas gaspiller. En peu de temps – respirant l’air de la montagne, mangeant des fruits, méditant, buvant du lait et faisant de l’exercice – il devint un modèle de beauté. Une belle jeune fille qui était montée dans la montagne pour chercher un agneau tomba amoureuse de lui, et le convainquit qu’il avait besoin d’une épouse pour s’occuper des tí¢ches domestiques pendant qu’il méditait en paix.

L’homme resta trois jours sans manger, essayant de savoir quelle était la meilleure décision í  prendre. Finalement, il comprit que le mariage est une bénédiction des cieux, et il accepta la proposition.

Trois ans plus tard, l’homme était marié, avec deux enfants, trois vaches, un verger d’arbres fruitiers, il dirigeait un lieu de méditation, et les gens se mettaient sur une énorme liste d’attente pour connaí®tre le miraculeux « temple de l’éternelle jeunesse ».

Quand on lui demandait comment tout cela avait commencé, il disait :

« Deux semaines après mon arrivée ici, je n’avais que deux pièces de víªtement. Un rat a commencé í  en ronger une, et… »

Mais personne ne s’intéressait í  la fin de l’histoire ; tous étaient certains qu’il était un homme d’affaires sagace, qui essayait d’inventer une légende pour pouvoir augmenter encore plus le prix du séjour dans le temple. »

Cependant, comme un bon guerrier de la lumière, il se moquait de ce que pensaient les autres ; il était content parce qu’il avait pu transformer ses ríªves en réalité.