Archives for May 2013

Je suis inutile

un chapitre du livre LE MANUSCRIT RETROUVÉ

Certaines personnes disent : « Je ne parviens pas í  éveiller l’amour des autres. » Mais dans l’amour resté sans réponse il y a toujours l’espoir qu’un jour il soit accepté.

D’autres écrivent dans leur journal : « Mon génie n’est pas reconnu, mon talent n’est pas apprécié, mes ríªves ne sont pas respectés. » Mais pour ceux-lí  aussi, il y a l’espoir que les choses changent après beaucoup de luttes.

D’autres encore passent leur temps í  frapper aux portes en expliquant : « Je suis au chí´mage. » Ils savent que, s’ils ont de la patience, une porte s’ouvrira un jour.

Mais il y a ceux qui se réveillent tous les matins le cÅ“ur lourd. Ils ne sont pas en quíªte d’amour, de reconnaissance, de travail.

Ils se disent : « Je suis inutile. Je vis parce que je dois survivre, mais personne, absolument personne, ne s’intéresse í  ce que je fais. »

Le soleil brille dehors, la famille est autour, ils veulent conserver le masque de la joie parce qu’aux yeux des autres ils ont tout ce dont ils ont ríªvé.
Mais ils sont convaincus que tout le monde peut se passer d’eux. Ou bien parce qu’ils sont trop jeunes et constatent que les plus í¢gés ont d’autres préoccupations, ou bien parce qu’ils sont trop vieux et jugent que les plus jeunes se moquent bien de ce qu’ils ont í  dire.

Le poète écrit quelques lignes et les jette í  la poubelle, pensant : « Cela n’intéresse personne. »

L’employé arrive au travail et ne fait que répéter la tí¢che de la veille. Il est convaincu que si un jour il est licencié, personne ne remarquera son absence.

La jeune fille coud sa robe en s’appliquant í  chaque détail et, quand arrive la fíªte, elle comprend ce que disent les regards : elle n’est ni plus jolie ni plus laide qu’une autre, ce n’est qu’une robe de plus parmi des millions d’autres partout dans le monde oí¹, í  ce moment précis, des fíªtes semblables ont lieu. Certaines dans de vastes chí¢teaux, d’autres dans de petits villages oí¹ tout le monde connaí®t tout le monde et í  quelque chose í  dire sur la robe des autres.
Sauf sur la sienne, qui est passée inaperí§ue. Elle n’était ni jolie ni laide, c’était seulement une robe de plus.
Inutile.

Les plus jeunes se rendent compte que le monde est bourré d’énormes problèmes qu’ils ríªvent de résoudre, mais personne ne s’intéresse í  leur opinion. « Vous ne connaissez pas encore la réalité du monde », entendent-ils. « Écoutez les plus vieux et vous saurez quoi faire. »

Les plus vieux ont acquis expérience et maturité, ils ont appris durement de l’adversité, mais quand vient l’heure de transmettre leur savoir, cela n’intéresse personne. « Le monde a changé », entendent-ils. « Il faut accompagner le progrès et écouter les plus jeunes. »

Sans respecter l’í¢ge et sans demander la permission, le sentiment d’inutilité ronge l’í¢me, répétant toujours : « Personne ne s’intéresse í  toi, tu n’es rien, la planète n’a pas besoin de ta présence. »
Dans l’intention désespérée de donner un sens í  leur vie, beaucoup se tournent vers la religion, parce qu’une lutte au nom de la foi paraí®t toujours la preuve d’une certaine grandeur, qui peut transformer le monde. « Nous travaillons pour Dieu », se disent-ils.

*

Demandez í  une fleur des champs : « Te sens-tu inutile, puisque tu ne fais que reproduire d’autres fleurs semblables ? »
Elle répondra : « Je suis belle, et la beauté en soi est ma raison de vivre. »

Demandez í  un fleuve : « Te sens-tu inutile, puisque tu ne fais que couler toujours dans la míªme direction ? »
Il répondra : « Je n’essaie pas d’íªtre utile, j’essaie d’íªtre un fleuve. »

Rien dans ce monde n’est inutile aux yeux de Dieu. Ni une feuille qui tombe de l’arbre, ni un cheveu qui tombe de la tíªte, ni un insecte qui est mort parce qu’il dérangeait. Tout a une raison d’íªtre.

N’essaie pas d’íªtre utile. Essaie d’íªtre toi : cela suffit et cela fait toute la différence.
Ne marche ni plus vite, ni plus lentement que ton í¢me. C’est elle qui t’apprendra quelle est ton utilité í  chaque pas. Parfois, c’est prendre part í  un grand combat qui contribuera í  changer le cours de l’Histoire. Mais parfois c’est simplement sourire sans motif í  quelqu’un que tu as croisé par hasard dans la rue.
Sans en avoir la moindre intention, tu as pu sauver la vie d’un inconnu qui lui aussi se jugeait inutile, et qui était peut-íªtre sur le point de se tuer, jusqu’í  ce qu’un sourire lui donne espoir et confiance.

*

30 SEC READ: Bravo! (ENGL, PORT, ESPA )

The Substitute Singer

Though I was unable to prove the events of this tale, this event supposedly happened many years ago in the Paris Opera. On the night when a famous tenor was to perform, the packed house was told he would not be able to attend due to traffic.
Concerned, the director of the Opera appeared on the stage to explain what was happening and to ask for a local tenor to act as a substitute.
The audience reacted as expected; with discomfort. Some spectators rose and asked for their money back, while others simply waited to see what lay in store for them, seeing that they had instructed their chauffeurs and made reservations for dinner, and did not quite know how to kill the time.

The substitute tenor came on stage and did the best he could. For two hours he sang with all his heart and soul. At the end, there was almost complete silence.
Then one spectator applauded, and a child’s voice was heard, “Daddy, you’re great! Just great!”

The next moment, the whole theater gave a standing ovation; a simple word of love had changed everything.

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O cantor substituto

Aconteceu há muitos anos na í“pera de Paris (ní£o pude comprovar se é verdade). Os ingressos estavam todos esgotados para a apresentaí§í£o de um famoso tenor, mas no dia marcado, já com a casa repleta, descobriu-se que um problema de transporte iria impedir que ele chegasse a tempo.
Desconcertado, o diretor da í“pera subiu ao palco, explicou o que estava acontecendo, e pediu que um tenor local o substituí­sse.
A audiíªncia reagiu como era de se esperar; desconforto, alguns expectadores se levantando para pedir o dinheiro de volta, e outros simplesmente aguardando o que estava por vir, já que tinham marcado seus choferes e seus jantares para determinada hora, e ní£o sabiam exatamente como passar o tempo.

O tenor substituto subiu ao palco e fez o melhor que podia. Durante duas horas, cantou com sua alma e seu coraí§í£o. No final, um silíªncio quase completo – porque ní£o era exatamente ele que esperavam escutar.

Apenas um espectador aplaudia. E ouviu-se sua voz infantil:
– Papai, vocíª é genial! Vocíª é genial!

No momento seguinte, todo o teatro ovacionava de pé o espetáculo; uma simples palavra de amor havia mudado tudo.

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El cantante sustituto

Sucedió hace muchos años en la í“pera de Parí­s (no pude comprobar si es verdad). Las entradas para escuchar a un famoso tenor estaban agotadas, pero justo el dí­a de la actuación, y con la casa ya repleta, se supo que un problema de transporte le impedirí­a al cantante llegar a tiempo.
Desconcertado, el director de la í“pera subió al escenario, explicó lo que estaba ocurriendo, y pidió que un tenor local lo sustituyese.
El público reaccionó como era de esperar: tensión, algunos espectadores levantándose para pedir la devolución del dinero, y otros simplemente aguardando lo que iba a ocurrir, puesto que tení­an hora para que los recogiesen sus chóferes y para cenar más tarde, y no sabí­an a qué dedicar su tiempo hasta entonces.

El tenor sustituto subió al escenario e hizo lo mejor que pudo. Durante dos horas, cantó con toda su alma y todo su corazón. Al final, se hizo un silencio casi perfecto: y es que no era a él a quien esperaban escuchar.
Apenas un espectador aplaudí­a. Y en un determinado momento, pudo oí­rse su voz infantil:

-¡Papá! ¡Has estado genial! ¡Genial!

Al momento siguiente, todo el teatro ovacionaba en pie, celebrando el espectáculo. Una simple palabra de amor le habí­a dado la vuelta a todo.

How I Overcame Bipolar II

by Michael Ellsberg

Age twenty-nine: I was standing by the fourth-story window of my rented flat in Buenos Aires, as I’d been doing for hours on end in recent days and months, staring sullenly at the ocean of sidewalk below, a seeming resting place of final peace with just a slight shift in weight. . .

Buenos Aires sounds to most people like a romantic vacation destination, but to me, it was a place of retreat, a sign on my failure, a last step, at the end of the earth, on the way to the end of my line.

I had taken a wrong turn somewhere in life, and after a long, winding road, I had finally hit a dead end, four stories up in an apartment overlooking the cracked sidewalks of the San Telmo neighborhood of one of the most storied cities in the world, and I was contemplating my final move.

read the full text of Michael’s experience by CLICKING HERE

Nhá Chica de Baependi (beatificada em 4 maio 2013)


O que é um milagre?
Existem definií§íµes de todos os tipos: algo que vai contra as leis da natureza, intercessíµes em momentos de crise profunda, coisas cientificamente impossí­veis, etc.
Eu tenho minha própria definií§í£o: milagre é aquilo que enche o nosso coraí§í£o de paz. ís vezes se manifesta sob forma de uma cura, de um desejo atendido, ní£o importa – o resultado é que, quando o milagre acontece, sentimos uma profunda reveríªncia pela graí§a que Deus nos concedeu.

Há vinte e tantos anos atrás, quando eu vivia meu perí­odo hippie, minha irmí£ me convidou para ser padrinho de sua primeira filha. Adorei o convite, fiquei contente que ela ní£o me pediu para que cortasse os cabelos (naquela época, chegavam até a cintura), nem me exigiu um presente caro para a afilhada (eu ní£o teria como comprar).
A filha nasceu, o primeiro ano se passou, e o batizado ní£o acontecia nunca. Achei que minha irmí£ tinha mudado de idéia, fui perguntar o que havia acontecido, e ela respondeu: “Vocíª continua padrinho. Acontece que eu fiz uma promessa para Nhá Chica, e quero batizá-la em Baependi, porque ela me concedeu uma graí§a”.

Ní£o sabia onde era Baependi, e jamais tinha escutado falar de Nhá Chica. O perí­odo hippie passou, eu me tornei executivo de gravadora, minha irmí£ teve uma outra filha, e nada de batizado. Finalmente, em 1978, a decisí£o foi tomada, e as duas famí­lias – dela e de seu ex-marido – foram a Baependi. Ali eu descobri que a tal Nhá Chica, que ní£o tinha dinheiro nem para seu próprio sustento, havia passado 30 anos construindo uma igreja e ajudando os pobres.

Eu vinha de um perí­odo muito turbulento em minha vida, e já ní£o acreditava mais em Deus. Ou melhor, dizendo, já ní£o achava que procurar o mundo espiritual tinha muita importí¢ncia: o que contava eram as coisas deste mundo, e os resultados que pudesse conseguir. Tinha abandonado meus sonhos loucos da juventude – entre os quais, ser escritor – e ní£o pretendia voltar a ter ilusíµes.
Estava ali naquela igreja para apenas cumprir um dever social; enquanto esperava a hora do batizado, comecei a passear pelos arredores, e terminei entrando na humilde casa de Nhá Chica, ao lado da igreja. Dois cí´modos, e um pequeno altar, com algumas imagens de santos, e um vaso com duas rosas vermelhas e uma branca.

Num impulso, diferente de tudo o que eu pensava na época, fiz um pedido: se, algum dia, eu conseguir ser o escritor que queria ser e já ní£o quero mais, voltarei aqui quando tiver 50 anos, e trarei duas rosas vermelhas e uma branca.

Apenas para me lembrar do batizado, comprei um retrato de Nhá Chica. Na volta para o Rio, o desastre: um í´nibus pára subitamente na minha frente, eu desvio o carro numa fraí§í£o de segundo, o meu cunhado também consegue desviar, o carro que vem atrás se choca, há uma explosí£o, vários mortos. Estacionamos na beira da estrada, sem saber o que fazer. Eu procuro no bolso um cigarro, e vem o retrato de Nhá Chica. Silencioso em sua mensagem de proteí§í£o.

Ali comeí§ava minha jornada de volta aos sonhos, í  busca espiritual, í  literatura, e um dia eu me vi de novo no Bom Combate, aquele que vocíª trava com o coraí§í£o cheio de paz, porque é resultado de um milagre. Nunca me esqueci das tríªs rosas. Finalmente, os cinqüenta anos – que naquela época pareciam tí£o distantes – terminaram chegando.

E quase passam. Durante a Copa do Mundo, fui a Baependi pagar minha promessa. Alguém me viu chegando em Caxambu (onde pernoitei), e um jornalista veio me entrevistar. Quando eu contei o que estava fazendo ali, ele pediu:
– Fale sobre Nhá Chica. O corpo dela foi exumado esta semana, e o processo de beatificaí§í£o está no Vaticano. As pessoas precisam dar seu testemunho.
– Ní£o – disse eu. – É uma história muito í­ntima. Só falaria se recebesse um sinal.
E pensei comigo mesmo: “O que seria um sinal? Só mesmo se alguém falasse em nome dela!”

No dia seguinte, peguei o carro, as flores, e fui a Baependi. Parei um pouco distante da igreja, lembrando o executivo de gravadora que estivera ali tanto tempo antes, e as muitas coisas que tinham me conduzido de volta. Quando ia entrando na casa, uma mulher jovem saiu de uma loja de roupas:
– Vi que seu livro “Maktub” é dedicado a Nhá Chica – disse ela. – Garanto que ela ficou contente.

E ní£o me pediu nada. Mas aquele era o sinal que eu estava esperando. E este é o depoimento público que eu precisava dar.

Kandinsky says:

Painting is an art.
And art is a power that should be aimed at developing the soul.
If art does not do this job, the abyss that separates us from God is left without a bridge.

The artist owes his talent to God and has to settle this debt.
To do this, he has to work hard, know that he is free in his art but not in his commitment to life.

Everything he feels and thinks is part of the raw material with which to improve the spiritual atmosphere around him.

Beauty, whether in art or in a woman, cannot be empty; it has to be at the service of humankind and the world.

The true work of art is born from the ‘artist’: a mysterious, enigmatic, and mystical creation.
It detaches itself from him, it acquires an autonomous life, becomes a personality, an independent subject, animated with a spiritual breath, the living subject of a real existence of being.

The artist is not a ‘Sunday child’ for whom everything immediately succeeds. He does not have the right to live without duty. The task that is assigned to him is painful, it is a heavy cross for him to bear.

There is no must in art because art is free.


Wassily Kandinsky

20 sec reading: Certainty and doubt

Buddha was gathered together with his disciples one morning, when a man came up to him:
‘Does God exist?’ he asked.
‘He does,’ replied Buddha.

 
After lunch, another man came up to him.
Does God exist?’ he asked.
‘No, he doesn’t,’ said Buddha.

 
Later that afternoon, a third man asked the same question: ‘Does God exist?’
‘That’s for you to decide,’ replied Buddha.

 
As soon as the man had gone, one of his disciples remarked angrily:
‘But that’s absurd, Master! How can you possibly give such different answers to the same question?’

 
‘Because they are all different people, and each one of them will reach God by his own path.
“The first man will believe what I say.
“The second will do everything he can to prove me wrong.
“The third will only believe in what he is allowed to choose for himself.’
 
 

Without so much as blinking

During the civil war in Korea, a certain general and his troops were advancing implacably, taking province after province, destroying everything in their path. The people in one city, hearing that the general was approaching and knowing his cruel reputation, fled to a nearby mountain.

The troops found the houses empty. After much searching, though, they found one Zen monk who had stayed behind. The general ordered that he be brought before him, but the monk refused to go.

Furious, the general went to him instead.

‘You obviously don’t know who I am!’ he bawled. ‘I am capable of stabbing you in the chest with my sword without so much as blinking.’

The Zen master turned and replied calmly:

‘You obviously don’t know who I am either. I am capable of letting myself be stabbed in the chest by a sword without so much as blinking.’

On hearing this, the general bowed low and left.
 
 
 

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