Les sept capitaux – la superbe

Les sept péchés capitaux étaient huit. Élaborés au début du christianisme par le moine grec Évagre le Pontique, ils définissaient les principales inclinations négatives de l’íªtre humain (curieusement, dans la liste d’Évagre, le péché le plus grave est la gourmandise…). Tous pouvaient nous conduire en enfer. Au VIe siècle, le pape Grégoire fit la première réforme de la liste, y incluant l’ envie , mais ne faisant qu’un de l’orgueil et de la vanité. Au XVIIe siècle, la liste fut de nouveau réformée, et la mélancolie, remplacée par la paresse, cessa d’íªtre un péché. Nous arrivons alors í  la liste qui aujourd’hui nous sert de base, et qui servira de base aux sept prochaines colonnes.

Selon le dictionnaire : substantif féminin, superbe vient du latin superbia. Signifie hauteur, orgueil, arrogance, présomption.

Selon l’Église catholique : l’amour-propre qui dépasse les limites, et qui se place au-dessus de l’amour de Dieu. Va í  l’encontre du Premier Commandement (Tu aimeras Dieu par-dessus tout). C’est cette passion qui a provoqué la rébellion des anges et la chute de Lucifer.

Dans une histoire zen : Le grand maí®tre de Tofuku constata que l’agitation régnait dans le monastère. Des novices couraient d’un cí´té í  l’autre, des domestiques se mettaient en rang pour recevoir quelqu’un.

Que se passe-t-il ? voulut-il savoir.

Un soldat s’approcha du maí®tre et lui tendit une carte sur laquelle on lisait :

Kitagaki, le gouverneur de Kyoto, vient d’arriver, et il demande une audience.

Je ne traite pas avec cette personne, déclara le maí®tre.

Quelques minutes plus tard, le gouverneur s’approcha, présenta ses excuses, ratura la carte et la tendit de nouveau au maí®tre.

Il était écrit : Kitagaki demande une audience.

Soyez le bienvenu, dit le maí®tre zen de Tofuku.

Sur un porte-avions : MISSION ACCOMPLIE (bannière placée sur le USS Lincoln le 1er mai 2003, oí¹ le président Bush annoní§a la fin des grandes opérations militaires en Irak. Ce jour-lí , le nombre de soldats américains morts s’élevait í  217. Le jour oí¹ j’écris cette colonne, il est passé í  2 700)

Pour le rabbin Adin Steinsaltz : Quand quelqu’un veut découvrir qui il est en se servant de choses secondaires comme terme de comparaison, il trouve une série de coquilles vides – qui dépendent l’une de l’autre pour faire sens.

Il n’est pas correct de se définir comme ami d’Untel, fils de tel autre, cadre í  tel poste, réalisant cette tí¢che ou cette autre. Tout ce que nous découvrirons par cette méthode, ce sont des aspects de nous-míªme – des aspects généralement obscurs et incomplets, de quelqu’un qui essaie de se rendre visible sur le dos des autres.

La seule relation possible est avec le Seigneur ; í  partir de lí , tout commence í  faire sens, et nous sommes ouverts í  une signification supérieure.

Selon saint Augustin : La superbe n’est pas la grandeur, c’est l’enflure. Ce qui enfle paraí®t grand, mais en vérité c’est une maladie.

Conseil du Tao-tö king : Mieux vaut ne pas remplir totalement un vase qu’essayer de le tenir s’il est plein.

Quand nous aiguisons trop un couteau, il perd son tranchant.

Quand une salle est remplie d’or et de jade, ses propriétaires ne sont plus en sécurité.

Quand la richesse et les honneurs conduisent í  l’arrogance, il est certain que le malheur s’ensuivra.

Quand nous faisons que notre travail et notre nom deviennent célèbres, la sagesse consiste í  nous retirer dans l’obscurité, dès la tí¢che terminée.

(í  suivre : l’avarice)